Le portrait de la jeunesse du monde entier dans la lentille d’Olivier Moeckli. Le photographe jurassien a voyagé dans 22 pays sur les cinq continents pour rencontrer des adolescents entre 2009 et 2016. Des enfants qui ont grandi avec les réseaux sociaux et les smartphones. Face à ce changement majeur, l’artiste a voulu dresser le portrait de cette génération. De ce projet est né un livre, ainsi qu’une exposition qui s’est ouverte vendredi soir à la Galerie du Sauvage à Porrentruy. L’ouvrage « World Wide Kids » vient d'être publié aux éditions du Sauvage. L’autrice chaux-de-fonnière Julie Guinand y a aussi contribué en l’agrémentant avec des textes poétiques.
Documenter un changementOlivier Moeckli a voulu documenter « cette nouvelle dynamique dans la jeunesse », alors le reste de la société se questionnait beaucoup sur les risques que pouvaient représenter les réseaux sociaux. Dans cette génération, le paraître prend de la place, selon l’artiste, qui a souhaité comprendre si le monde connecté influençait leur manière de s’habiller, de se maquiller, de se comporter à travers la planète.
Olivier Moeckli : « Je pense qu’ils étaient en train d’inventer un nouveau monde. »
De l’universalité à la singularité
Olivier Moeckli estime qu’un élément était présent auprès des centaines de jeunes rencontrés : la créativité visuelle. Les smartphones ont permis aux jeunes de développer ces compétences pour afficher des photos et des vidéos sur les réseaux. Certaines tendances majeures, aussi, se retrouvaient à travers différents pays, notamment à cause de la mode globalisée. Mais le photographe a quand même perçu une singularité dans chacun des adolescents.
Délaisser l’espace public
Le projet du Biennois a duré sept ans pendant lesquels le monde a continué de changer. Le photographe a perçu cette évolution. Entre 2009 et 2014, il rencontrait ces jeunes dans la rue, dans les parcs publics, dans des zones commerciales entre la fin de l’école et le retour à la maison. « Il y avait un équilibre assez subtil entre la vie sur les réseaux sociaux et une vie sociale très forte », explique Olivier Moeckli. À partir de 2015, il a constaté que les adolescents quittaient l’espace public.L'exposition « World Wide Kids », d’Olivier Moeckli, se tient jusqu’à 31 janvier à la galerie du Sauvage. /ncp








