Dans le cadre de la rétrospective dédiée cet automne à l’artiste franc-montagnard dans les quatre districts, RFJ a suivi une visite guidée de ses vitraux à l’église de Lajoux.
L’immensité de l’œuvre de Coghuf revisitée cet automne à travers tout le canton. L’artiste établi aux Franches-Montagnes est décédé voici 50 ans. Une rétrospective multisite lui est consacrée dans les quatre districts du Jura. Peintre de renom, Coghuf est aussi l’auteur de plusieurs vitraux, notamment ceux de l’église de Lajoux, où une visite commentée était mise sur pied samedi dernier.
Reportage lors de la visite des vitraux à Lajoux
Coghuf tenait à stimuler la société, à la pousser à la réflexion. Il choisit alors l’abstraction pour réaliser, en 1971, ses vitraux dans un lieu de culte plutôt habitué au figuratif. « Cela pouvait être déroutant pour les paroissiens », a expliqué Samantha Formaz. Les huit vitraux de Coghuf racontent autant de moments de la vie du Christ, anglés autour de sa naissance et sa mort. « Le fait de glisser une petite phrase biblique dans chaque vitrail permet d’entrer plus facilement en méditation pour essayer d’y déceler ce qui est représenté », ajoute l’historienne de l’art.
Homme de foi, Coghuf a œuvré pour défendre la création, protéger l’existant, à commencer par les paysages francs-montagnards, menacés à l’époque par l’Affaire de la place d’armes. Enfant de Lajoux, Clément Saucy considère Coghuf comme « un monument, un personnage presque mythique, vraiment fantastique ».
Clément Saucy : « Aujourd’hui, il faudrait peut-être des Coghuf pour qu’on se rende compte de ce qui nous attend. »
Son œuvre traversera-t-elle encore les futures générations ? La question semble légitime alors que la jeunesse semble méconnaitre l’histoire récente. « Lorsque j’ai montré l’affiche de Coghuf "Sauvez les Franches-Montagnes" à des élèves, ça ne leur disait rien », a constaté Samantha Formaz. Une réalité qui démontre que l’actuelle rétrospective a du sens. /clo








