Une loi cantonale pour protéger les lanceurs d’alerte. C’est ce que demande un collectif qui a déposé mercredi à la chancellerie cantonale une pétition munie de 551 signatures. Les pétitionnaires constatent que dans le secteur public jurassien, il n’existe aucun dispositif cantonal garantissant la protection des employés qui signalent de bonne foi des dysfonctionnements, des abus ou des irrégularités. Le collectif demande au Gouvernement et au Parlement l’élaboration d’une loi. « On veut permettre aux personnes victimes de toutes sortes de maltraitances de se défendre », affirme Aude Gassmann, membre du collectif. Elle estime qu’une loi améliorerait le fonctionnement de l’État.
Aude Gassmann : « Protéger les lanceurs d’alerte est un outil de bon fonctionnement de l’État. »
Quatre personnes étaient présentes pour remettre la pétition. L’une d’entre elles était habillée de façon à ne pas être reconnue. Ce lanceur d’alerte s’en est expliqué : « Il m’est arrivé ce qui arrive à quasiment tous les lanceurs d’alerte en Suisse. J’ai perdu ma santé, mon métier, ma place et je ne suis pas autorisé à parler de mon expérience en public. » Il déplore que la Suisse se démarque ainsi au sein de l’OCDE. « En fin de compte, ce sont les personnes qui ont voulu faire bouger les choses dans le bon sens qui assument un poids énorme. » En rejoignant le collectif, il avoue s’être rendu compte que la guérison n’existait pas vraiment et revenir sur cette période difficile avait « réveillé des peurs. » /rce






