Berlusconi plonge l'Italie dans une nouvelle crise politique

Pris de panique à l'idée de perdre son immunité parlementaire, Silvio Berlusconi a ouvert une nouvelle période d'incertitude politique pour l'Italie en contraignant les ministres de son parti à démissionner. Son geste a été qualifié de "fou et irresponsable" par Enrico Letta.

La balle est désormais dans le camp du président Giorgio Napolitano. Il devait rencontrer dimanche le Premier ministre Enrico Letta.

Au cours d'un déplacement à Naples, le président a indiqué qu'il ne se résoudrait à "une dissolution des Chambres que s'il n'y avait pas d'autres solutions". M. Napolitano reste sur sa position: une dissolution est inutile tant que la loi électorale n'est pas modifiée.

"Geste fou", "indigne", "le condamné fait couler l'Italie": la presse italienne était unanime à condamner la décision du "Cavaliere", qui intervient alors que la troisième économie de la zone euro peine à sortir de la crise.

Même Enrico Letta, à la tête d'un gouvernement de difficile coalition entre la gauche dont il est issu et le centre droit de M. Berlusconi, en a perdu son habituelle sérénité. Il a évoqué "un geste fou et irresponsable, entièrement destiné à protéger les intérêts personnels" du milliardaire aux prises avec la justice.

Perspective humiliante

Le feu couve depuis la condamnation définitive le 1er août de Silvio Berlusconi à quatre ans de prison (ramenés à un seul par une amnistie) pour fraude fiscale. En raison de son âge -il a eu 77 ans dimanche- le magnat des médias n'ira pas derrière les barreaux mais va devoir choisir entre l'assignation à résidence et les travaux d'intérêt général.

Autre perspective humiliante: le Sénat doit se prononcer sous peu sur sa destitution, qui le priverait de son immunité parlementaire. M. Berlusconi redoute dans le même temps d'autres jugements, dont celui dans le procès en appel du "Rubygate" (prostitution de mineure et abus de pouvoir).

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