Drame minier: 18 mineurs toujours disparus, "négligence" démentie

Le bilan de l'accident minier survenu mardi à Soma, en Turquie, s'élève désormais à 284 décès confirmés. Vendredi matin, 18 mineurs étaient toujours bloqués sous terre, mais l'espoir de les retrouver vivants est mince. La société qui exploite la mine décline pour l'heure toute responsabilité.

"Un maximum de 18 mineurs sont encore coincés dans la mine", a confirmé le ministre turc de l'Energie Taner Yildiz. Ce dernier a laissé entendre qu'ils étaient décédés, affirmant par là que le bilan de cette tragédie devrait s'élever "à 301 ou 302 morts".

Au total, 787 mineurs étaient au fond de la mine quand s'est déclaré un incendie. Des 485 mineurs évacués, 122 ont été hospitalisés.

Selon Soma Holding, la société exploitante, la catastrophe n'a pas été provoquée par un court-circuit dans un transformateur électrique, mais par une accumulation de chaleur à l'origine d'un effondrement partiel des galeries. La sociétéa déjà rejeté toute accusation de négligence.

"Incompréhensible"

Une explosion de poussière de charbon a également été évoquée comme origine possible du drame. Une telle explosion est généralement due à une combustion rapide de particules en suspension dans l'air dans un milieu confiné. Les poussières de charbon constituent un risque minier important.

"C'est un accident incompréhensible sur un site où il y a eu très peu d'accidents en trente ans", a déclaré le président de Soma Holding, Alp Gurkan. Ce dernier a affirmé que sa mine respectait toutes les normes de sécurité.

M. Gurkan est cependant accusé par la presse d'avoir fait primer la rentabilité et le profit sur la sécurité des mineurs. En 2012, dans un entretien à un journal turc, l'homme d'affaires s'était vanté d'être parvenu à réduire les coûts de production à 24 dollars (21 francs) la tonne contre 130 (115) avant la privatisation de la mine.

Enquête approfondie

Cette catastrophe a provoqué un mouvement de colère en Turquie, où des milliers de manifestants se sont rassemblés ces derniers jours dans les grandes villes pour protester contre les mauvaises conditions de travail.

/ATS


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