Les transports publics brésiliens sont souvent chers et inefficaces

Trains délabrés, autobus bondés, embouteillages monstres, métros insuffisants, minibus clandestins: bienvenue dans les transports publics brésiliens. Ceux-ci sont aussi chers que dans les pays développés mais inefficaces comme dans les pays pauvres.

Des tickets moins chers et un service de meilleure qualité figurent parmi les principales revendications des plus grosses mobilisations de rue qu'ait connu le pays depuis vingt ans.

Les autorités de Sao Paulo, point de départ des manifestations, de Rio et d'autres villes, ont fait marche arrière cette semaine sur les récentes augmentations des tarifs des transports, qui avaient déclenché la colère des usagers. Mais des manifestations monstres ont tout de même été convoquées dans tout le pays par le biais des réseaux sociaux.

"Le transport public brésilien est généralement déficient, surtout dans les grandes villes, car il n'est pas capable de répondre à la demande. Le pêché originel vient de ce qu'il n'y a pas assez de transport sur rail, surtout des métros, et sans cela, il ne peut pas y avoir d'amélioration", explique Marcos Cintra, vice-président de la Fondation Getulio Vargas à Sao Paulo et expert en planification.

Longs trajets

Pour beaucoup des 194 millions de Brésiliens, surtout les plus pauvres, sans voiture et vivant loin de leur lieu de travail dans des zones où l'offre de transport est réduite, le trajet domicile-travail est un cauchemar.

Ricardo Jefferson, un musicien de samba de 29 ans de Baixada Fluminense, au nord de Rio de Janeiro, passe deux à trois heures tous les matins dans les transports pour se rendre au travail en centre-ville. Et autant pour revenir chez lui.

Pénurie d'investissements

Dans les grandes villes, les tickets coûtent l'équivalent de 1,20 franc et permettent rarement de prendre des correspondances entre divers moyens de transports, ou alors à des tarifs prohibitifs. Pour Marcio d'Agosto, coordinateur du programme d'ingénierie des transports à l'université fédérale de Rio, l'insatisfaction provient du manque d'investissements ces 50 dernières années.

Et la situation a empiré avec l'explosion du parc automobile au Brésil au cours de la dernière décennie en raison d'un développement économique soutenu. Chaque jour la circulation routière augmente de 10'000 nouvelles voitures. A Sao Paulo, mégapoles de 20 millions d'habitants, on compte jusqu'à 250 kilomètres d'embouteillages par jour.

/SERVICE


Actualisé le