Lourde charge du ministre israélien de la Défense contre John Kerry

Le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon a lancé une virulente attaque contre le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui multiplie les navettes au Proche-Orient pour tenter d'arracher un accord entre Israéliens et Palestiniens. Il fustige ouvertement le plan de paix américain.

"Le secrétaire d'Etat John Kerry - qui est arrivé ici déterminé, et qui est animé par une obsession incompréhensible et une sorte de messianisme - ne peut rien m'apprendre sur le conflit avec les Palestiniens", a asséné M. Yaalon dans des conversations privées avec des officiels israéliens et américains. Ses propos ont été rapportés par le journal israélien "Yediot Aharonot".

"La seule chose susceptible de nous sauver est que John Kerry remporte le prix Nobel (de la Paix) et nous laisse tranquilles", ironise le ministre de la Défense, dont les remarques sont longuement citées par le correspondant diplomatique du "Yediot".

M. Yaalon, un faucon du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, critique des propositions américaines sur la sécurité en Cisjordanie, en particulier dans la vallée du Jourdain, le long de la frontière avec la Jordanie. Selon lui, "le plan américain de sécurité (...) ne vaut pas le papier sur lequel il est écrit. Il n'assure ni la sécurité ni la paix".

"Pour le moment, nous sommes les seuls à avoir concédé quelque chose alors que les Palestiniens n'ont rien donné", poursuit encore M. Yaalon. Il fait référence à la libération acceptée par Israël d'un total de 104 détenus palestiniens. Mais lors des trois premières vagues, les libérations se sont accompagnées d'annonces de constructions dans les colonies.

Eviter les insultes

Le ministre israélien des Relations internationales, Youval Steinitz, un proche de M. Netanyahu, s'est dit "d'accord sur le contenu" de ces déclarations, tout en estimant qu'il fallait éviter les "insultes personnelles".

En revanche, la ministre de la Justice, Tzipi Livni, chargée des négociations avec les Palestiniens, a elle ouvertement critiqué son collègue: "On peut s'opposer aux négociations de façon argumentée et responsable, sans compromettre les relations avec notre meilleur ami", a-t-elle déclaré.

/ATS


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