La filière bois en péril

Les difficultés s’accumulent pour la filière bois. Les prix ont chuté et certains secteurs ...
La filière bois en péril

Coupe de bois

Les difficultés s’accumulent pour la filière bois. Les prix ont chuté et certains secteurs de la branche ont déjà dû procéder à des licenciements, comme l’entreprise Corbat il y a un mois environ. Le franc fort par rapport à l’euro et la crise économique qui secoue l’Europe sont venus s’ajouter à une concurrence croissante.

 

Tous les bois ne sont pas à la même enseigne

Le marché du bois résineux s’en sort mieux que celui du feuillu, comme l’explique Didier Adatte, directeur de l’Association jurassienne de l’économie forestière. Il profite en effet de la construction qui reste très active. Mais même les bois de charpente ne font plus autant recette. Les constructeurs préfèrent de plus en plus utiliser des produits élaborés, c’est-à-dire des produits séchés, collés, rabotés, qui sont surtout fabriqués dans de grandes scieries en Allemagne ou en Autriche.

C’est pire encore pour le marché du feuillu, qui sert surtout à l’ameublement. Les acheteurs étaient auparavant très nombreux en Italie par exemple et achetaient le bois de la région pour fabriquer des chaises, des tables ou autres meubles. Ils ont aujourd’hui quasiment disparus et les fabricants se sont déplacés à l’Est, voire en Asie, ce qui a fait baisser la demande, et donc les prix.

 

Des craintes pour les emplois

Une baisse qui pèse sur toute la filière. Sur les scieries d’une part, mais aussi sur les exploitants des forêts. Il n’est plus guère rentable pour les communes par exemple d’entretenir les forêts. C’est même un secteur du budget qui pourrait prochainement virer au rouge, selon Pascal Girardin, chef du triage Les Chênes en Ajoie, et le personnel craint les licenciements. Pourtant, de nombreux efforts ont déjà été consentis pour améliorer la rentabilité de l’exploitation, notamment en mécanisant ou en utilisant les branchages des cimes pour faire des copeaux.

 

Quelques pistes…

La solution pourrait passer par la sensibilisation des consommateurs. Un certificat d’origine bois suisse a d’ailleurs été créé à cet effet. Le dialogue est aussi entamé avec d’autres acteurs de la branche, actifs notamment dans la construction. Tous sont embarqués dans le même bateau, selon Patrick Corbat, directeur de la Holding Corbat. Si les exploitants et scieurs périclitent, les charpentiers pourront se fournir en bois de charpente et autres produits élaborés en provenance d’Allemagne ou d’Autriche, mais ils doivent s’attendre à ce que les maisons préfabriquées soient bientôt importées au complet et installées par des ouvriers venus d’ailleurs.

 

Une note d’espoir

Il y a tout de même encore quelques lueurs d’espoir. Pour Patrick Corbat, une remontée de l’euro pourrait suffire pour être concurrentiels sur plusieurs marchés. Didier Adatte, directeur de l’Association jurassienne de l’économie forestière, ne se montre pas optimiste, mais rappelle que la filière du bois est un secteur où l’on a forcément une vision sur le long terme et que si changements il y a, ce ne sera pas dans l’immédiat. /iqu


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