La grande aventure a commencé pour l’équipe de Suisse de football. Notre équipe nationale s’est envolée ce mardi pour les Etats-Unis où elle disputera la Coupe du monde dès le 13 juin. En amont de cette compétition, nous vous proposons une immersion dans les coulisses de la « Nati ». Hormis les 26 joueurs retenus pour participer à ces joutes, une petite quarantaine de membres forment la délégation. Le staff est composé des entraîneurs, mais aussi de personnes actives dans la sécurité et dans la logistique, de nutritionnistes, de cuisiniers, de médecins ou encore de physiothérapeutes. Ces personnes auront toutes leur rôle dans les performances des Helvètes sur les terrains outre-Atlantique. Nous évoquerons les missions du team manager, du vidéaste et du cordonnier.
Episode 3 : le cordonnier
Il est celui qui veille à ce que chaque joueur trouve (bonne) chaussure à son pied. Jean-Benoît Schüpbach est le cordonnier de l’équipe de Suisse de football depuis 1999. Il vivra donc un énième grand tournoi avec l’objectif de rendre la vie des joueurs plus facile sur le terrain. Le Fribourgeois s’est déplacé avec beaucoup de matériel outre-Atlantique : « Sur place, je peux vraiment tout faire, comme si j’étais au magasin. Je peux créer une semelle, on a tous les appareils ici pour mouler les semelles sur mesure. Je peux transformer les chaussures. J’ai une ponceuse, différents outils et 800-900 crampons différents », déclare « Schüpi ». Ce dernier est appelé à satisfaire autant que possible les demandes individuelles des joueurs qui jouent très souvent avec un mélange de crampons en aluminium et moulés. Les choix opérés sur les chaussures dépendent avant tout de l’état de la pelouse et des volontés de chacun : « Il y a de plus en plus de joueurs qui ont peur d’être ancrés au sol », signale le cordonnier. Selon ce dernier, la clé est de trouver un compromis entre ne pas glisser sur le terrain et ne pas se blesser si on prend un coup. Le travail de « Schüpi » a évolué depuis 1999, en particulier à cause du marketing. « Au début, c’était plus simple. Les joueurs avaient entre cinq et huit paires de chaussures par saison. C’était toujours les mêmes modèles. Depuis une dizaine d’années, le marketing a changé les choses. Dans certaines marques, il y a six à dix couleurs différentes par saison et les joueurs se doivent de porter la nouvelle couleur à chaque fois », analyse Jean-Benoît Schüpbach.
Entretien avec Jean-Benoît Schüpbach, cordonnier de la Nati
Épisode 2 : l’analyste de match et l’analyste vidéo
Outil indispensable du football moderne, la vidéo accompagne le quotidien de l’équipe de Suisse. Pour la Coupe du monde, la Nati peut compter sur trois analystes vidéo et de match qui décryptent les forces et faiblesses des adversaires et qui débriefent les rencontres de la sélection helvétique. Cette cellule est composée de trois hommes : le chef, Kevin Ehmes, Julian Lauer et Adnan Alicajic. Ce dernier, âgé de 33 ans, a vécu et grandit à Sainte-Croix, dans le Nord vaudois, entre 2002 et 2024. Cet ancien joueur et entraîneur travaille pour l’Association suisse de football depuis deux ans. Il a notamment œuvré pour l’équipe de Suisse féminine lors de l’Euro 2025. Adnan Alicajic a passé un nombre d’heures incalculables derrière son écran à préparer notamment la rencontre contre la Bosnie, dont il est en charge. « Cela fait des semaines que je visionne cette équipe. On utilise une plateforme de la FIFA qui récupère tous les matches en vue tactique, qui ne sont pas les habituelles images TV. Ensuite, on séquence et on prépare une sorte de playlist avec les actions offensives, défensives, les transitions et les balles arrêtées. Faut s’imaginer qu’un match, c’est environ une journée d’analyse et des heures ensuite à discuter des scènes. » La vidéo est utilisée au quotidien et pour Adnan Alicajic, « ce n’est pas possible de faire sans. » Et si la vidéo peut aider à gagner un match, « à la fin ce sont toujours les joueurs qui font la différence », déclare le Sainte-Crix. /jpp
Entretien avec Adnan Alicajic, analyste vidéo et analyste de match pour l’équipe de Suisse
Episode 1 : le team manager
Le team manager porte sur ses épaules une très grande partie de l’organisation de la logistique pour les grands rendez-vous. Le Fribourgeois Damien Mollard résume son travail à « faire tourner toute la partie "organisation" autour de l’équipe nationale ». Parmi ses nombreuses tâches figure donc toute la mise en place du voyage, avec les trajets en avion et en bus, les hôtels, etc… Aussi, Damien Mollard et ses deux collègues actifs dans le pôle « coordination et management » s’occupent de la partie administrative, de l’organisation de la sécurité des joueurs et sont en contact permanent avec la FIFA et les acteurs sur place. Avant le déplacement outre-Atlantique, cette équipe s’est chargée d’échanger avec les clubs des joueurs pour assurer leur arrivée au bon moment au sein de l’équipe nationale. Ils ont aussi parlé avec les familles des joueurs et des membres du staff pour leur faciliter la vie lors de la Coupe du monde : « On a développé dernièrement cet aspect-là, car il est très important pour les joueurs. (…) Ça fait du bien d’avoir des visites et de sentir la famille près de soi pour le soutien. (…) Il y aura des plages où les joueurs pourront les rencontrer et où ils auront du temps pour se divertir », souligne Damien Mollard qui indique toutefois que les familles ne seront pas dans le même hôtel que l’équipe de Suisse.
Le Fribourgeois et ses collègues doivent relever plusieurs défis, dont celui des complexités administratives aux Etats-Unis et celui du respect du budget. Ils ne prennent toutefois pas les décisions seuls : « Ce travail se fait en coordination au quotidien avec le staff. (…) On doit s’assurer que le staff ait toujours les dernières infos. (…) L’objectif final, c’est que les joueurs et le staff technique puissent se concentrer uniquement sur le football », résume Damien Mollard qui souligne que l’anticipation est primordiale, tout comme la capacité à être réactifs. /mle
















