Thomas Gunzinger est en train de forger sa carrière sur les bords du lac. Le jeune Jurassien de 16 ans vit pleinement de sa passion pour le tennis depuis l’été dernier. Il se donne du temps pour tenter de percer et de devenir un joueur professionnel. Actuellement, le Delémontain pointe au 133e rang du classement mondial pour les juniors. Son meilleur classement est une 105e place qu’il a occupée au mois de février. A Bienne, où il s’entraîne environ quatre heures par jour, Thomas Gunzinger côtoie les meilleurs entraîneurs du pays et plusieurs joueurs professionnels. Son plan de carrière est dessiné et pas question de brûler les étapes. Depuis le début de l’année, le Jurassien a disputé plusieurs tournois, échouant à deux reprises en quart de finale, à Istres et à Benicarlo. Surtout, il a travaillé, beaucoup travaillé, encadré notamment par son entraîneur Jens Gerlach qui lui distille à nouveau ses conseils depuis le début de l’année. Son énergie, il la puise chez ses proches qui le suivent avec attention et en constatant ses progrès. Le titre d’espoir jurassien de l’année 2024, décroché dernièrement, est aussi source de motivation.
Pas de Roland Garros
Thomas Gunzinger ne multiplie donc pas les tournois comme certains de ses adversaires. Il consacre beaucoup de temps aux entraînements et à sa progression : « Le chemin qui mène au professionnalisme est un marathon, pas un sprint. Il faut du temps, de la résilience et de l’abnégation », justifie Jens Gerlach. « On focalise son développement sur ce qui vient après, c’est-à-dire son passage en professionnel et à la manière dont on veut qu’il joue dans cinq ou six ans. On n’est pas obnubilé par les tournois et les points qu’il pourrait récolter au classement ITF. On instaure plusieurs blocs d’entraînement, comme maintenant où nous avons trois semaines consécutives à Bienne », explique encore Jens Gerlach. Le joueur de tennis jurassien ne participera pas au tournoi de Roland Garros ces prochains jours, son classement ne le lui permettant pas. Toutefois, jouer un Grand Chelem reste « son grand objectif », selon le jeune homme. Wimbledon approche, les chances d’y participer demeurent toutefois faibles. Mais qu’importe, Thomas Gunzinger veut se laisser du temps pour devenir « un des meilleurs joueurs du monde, voire le meilleur », confie l’ambitieux Delémontain qui fait « beaucoup de sacrifices » pour sa passion.
Thomas Gunzinger : « Je me donne toujours de plus en plus dans mon sport. »
L’entraînement avec Viktorija Golubic
Thomas Gunzinger multiplie les coups sur le complexe de Swiss Tennis, à Bienne. Il travaille surtout pour parvenir à utiliser son dynamisme comme un atout, sans que ça le pousse à la faute dans les échanges. Aussi, le Jurassien répète ses services et les répète encore. Jens Gerlach veut aussi faire du coup droit du joueur « une arme fatale » pour faire basculer les échanges. Pour gagner en compétitivité, Thomas Gunzinger partage régulièrement à Bienne le terrain avec des joueurs professionnels, tels que Dominic Stricker ou Viktorija Golubic. « C’est flatteur, ça fait plaisir », reconnaît le Delémontain qui bénéficie aussi toujours du soutien et des conseils de son papa, lui-même professeur de tennis. La carrière de Thomas Gunzinger a bel et bien décollé, mais la patience semble être mère des vertus pour atteindre le septième ciel… /mle











