Qualification historique et maillots rapiécés

Après le match nul 0-0 contre l’équipe de France, la qualification historique de la Suisse ...
Qualification historique et maillots rapiécés

Les maillots déchirés de la Nati n'ont pas enlevé le sourire de Peter Gilliéron, bien au contraire... Les maillots déchirés de la Nati n'ont pas enlevé le sourire de Peter Gilliéron, bien au contraire...

Après le match nul 0-0 contre l’équipe de France, la qualification historique de la Suisse pour les huitièmes de finale de l’Euro est presque passée au second plan. En revanche, les maillots déchirés de la Nati ont fait le buzz.

C’est l’image qui a défrayé la chronique à l’issue de Suisse-France. Celle d’Admir Mehmedi tout étonné de constater qu’un petit Français lui avait déchiré son maillot. Ou encore celle de Granit Xhaka dont la tunique en lambeaux laissait deviner sa musculature, un peu comme si Spiderman sortait lessivé d’un combat acharné. Quatre joueurs (Mehmedi, Embolo, Dzemaili et Xhaka) se sont ainsi retrouvés en haillons sur le terrain. Maillots de mauvaise qualité ou preuve du jeu de mains un peu vilain des joueurs français ? « Si il y a des maillots déchirés, c’est qu’il y a quelqu’un qui les déchire… », glisse malicieusement le président de l’Association Suisse de Football Peter Gilliéron. La vraie explication, sans pour autant que l’autre soit totalement dénuée de sens, est venue de l’équipementier Puma lui-même via un communiqué ce lundi : un défaut de fabrication a été décelé sur une partie des maillots de la Nati et « cela ne se reproduira plus ». La nouvelle devrait ravir les joueurs, pas forcément fiers de se faire déshabiller à chaque contact. « Granit Xhaka a toujours pu changer, il y avait assez de maillots », relève Peter Gilliéron. Ouf ! Nous voilà rassurés. Il faut dire que le staff de la Nati est plutôt prévoyant dans ce domaine, les joueurs ayant pour chaque match trois maillots floqués à leur nom.

Le maillot de Mehmedi recousu sur le banc de touche

La question que tout le monde se pose, qu’arrive-t-il si un joueur déchire ses trois tricots ? « Alors il montre son corps ! », plaisante volontiers Peter Gilliéron. Cela ferait sans doute quelques heureuses dans les gradins et devant les postes de télévision. On n’en est d’ailleurs pas passé loin dimanche et pour éviter un strip-tease à Admir Mehmedi, le docteur Cuno Wetzel du staff de l’équipe de Suisse a recousu depuis le banc de touche le premier maillot arraché du milieu de terrain helvète. « C’est comme une opération », ironise le président de l’ASF. « Il faut être prêt si les Français tirent comme ça », renchérit le chef de presse de la Nati, Marco Von Ah, qui a assisté à la scène. Vous l’aurez compris, du côté de la Nati, on a pris ça avec le sourire, chacun y allant de sa petite plaisanterie. La palme revient à Xherdan Shaqiri qui a déclaré après la rencontre auprès de nos confrères de la SRF « j’espère que Puma ne fabrique pas de préservatifs »…  Qu'il se rassure tout de suite, a priori, ce n’est pas leur cœur de métier et la marque ne prévoit pas forcément de s’y lancer. Nous voilà encore plus rassurés.

Peter Gilliéron réagit à la polémique des maillots déchirés

Et la qualification dans tout ça ?

Si tout le monde en rigole côté suisse, c’est bien parce que comme le dit Peter Gilliéron, « on n’a pas de problème plus grave que celui-là ». Deuxième de son groupe, la Nati a effectivement décroché au passage une qualification historique pour les huitièmes de finale de l’Euro. « Historique oui on peut dire ça comme ça mais il ne faut pas oublier que c’est aussi la première fois qu’il y a des huitièmes de finale dans un Euro », tempère le patron de l’ASF. « Peut-être que samedi prochain ce sera encore plus historique », ajoute-t-il. Le voilà le réel objectif de la Suisse. L’absence de fête et d’euphorie à l’issue de la qualification a bien montré que les joueurs ne voulaient plus se contenter de franchir les phases de poule. « Avant, une qualification pour un tournoi était un objectif », relève justement Gelson Fernandes pour illustrer ce changement de mentalité. « Qui aurait envie de s’arrêter là ? Je vois que les joueurs sont décidés et l’appétit vient en mangeant », observe Peter Gilliéron. Qu’on se le dise, cette Nati a les dents longues et est bien décidée à écrire une nouvelle page de son histoire dès samedi en remportant un huitième de finale. Une performance qu’elle n’a plus réalisée depuis la Coupe du monde 1938. C’était déjà en France, voilà peut-être un heureux présage. /jpi

Une qualification (presque) historique selon Peter Gilliéron


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