Quatre ans de prison requis pour violences conjugales

Un homme comparait devant le tribunal pénal à Porrentruy pour des violences commises entre ...
Quatre ans de prison requis pour violences conjugales

Un homme comparait devant le tribunal pénal à Porrentruy pour des violences commises entre 2023 et 2025, principalement à Delémont. Il est notamment accusé d’avoir étranglé sa compagne à plusieurs reprises, au péril de sa vie, ce qu’il conteste.

Une affaire de violences conjugales occupe le tribunal pénal à Porrentruy ce mercredi. (Photo : Georges Henz) Une affaire de violences conjugales occupe le tribunal pénal à Porrentruy ce mercredi. (Photo : Georges Henz)

L’histoire d’une fin de relation amoureuse non digérée occupe le tribunal pénal à Porrentruy depuis ce mercredi. Un homme comparait pour des violences, à l’encontre d’une ex-compagne, qui auraient pu causer la mort. Il est accusé notamment de délit manqué de lésions corporelles graves, mise en danger de la vie d’autrui, contrainte ou encore séquestration à l’encontre de son ex-compagne pour des faits qui s’étalent entre l’été 2023 et mai 2025, principalement à Delémont. Le Procureur a requis quatre ans de prison ferme assortis de 90 jours-amendes pour injures, 600 francs pour voie de fait, ainsi qu’une expulsion du territoire suisse. Un réquisitoire essentiellement basé sur la version de la plaignante qui décrit un calvaire vécu durant deux ans.


« Je ne pouvais plus respirer, j’ai cru que j’allais mourir »

Elle a peur depuis la fin de leur relation et les premières violences d’un homme qui selon elle ne digère pas la rupture. Il l’attend régulièrement dans les escaliers de son immeuble, obnubilé par la volonté de fouiller dans son téléphone. En décembre 2023, il l’a fait chuter, la frappe au sol, l’étrangle à trois reprises dans sa salle de bain selon l’acte d’accusation. « Il me bouchait le nez et la bouche, je ne pouvais plus respirer. Je me sentais partir, j’ai cru que j’allais mourir », témoigne la jeune femme devant le tribunal. Le schéma se répète deux mois plus tard dans la cage d’escalier. Un autre jour, c’est une poignée de porte qu’il lui enfonce dans la gorge. Pourtant, une autre femme, son épouse dont il est séparé, aussi entendue ce mercredi, décrit à l’inverse la plaignante comme une jalouse excessive, parle de son ex-mari comme quelqu’un de calme, aimé de ses enfants. Les deux femmes ont aussi échangé de nombreux messages. L’avocate de la plaignante en cite plusieurs qui ressemblent à des confidences mutuelles de mauvais traitements qu’elles auraient subis. « C’est elle qui dit tout ça, pas moi », balaie l’épouse et mère de famille qui affirme n’avoir jamais été frappée par le prévenu alors que la plaignante dit en avoir peur et demande des mesures de protection s’il venait à être libéré.


La défense fustige un dossier vide

Le prévenu, lui, reconnaît une relation toxique, des disputes régulières, « des chamailleries, des bousculades » tout au plus… mais pas de coups ni d’étranglements comme décrits par le long acte d’accusation. Son avocat, Me Theurillat, s’insurge d’ailleurs de ne voir « aucun certificat médical » pour étayer ces violences et accuse « le Ministère public de prendre les déclarations de la plaignante pour parole d’évangile » ! L’avocat de la défense ira jusqu’à suspecter que les hématomes pris en photo par la compagne résultent de pratiques sexuelles sauvages. Le procureur Séraphin Logos étaye pourtant les déclarations de la plaignante par des photos et vidéos qu’elle a prises, souligne les « traces de coups et rougeur au cou » relevés à l’hôpital, tire du rapport de l’expert psychiatre sur le prévenu les termes de « troubles de la personnalité, psychopathie, traits narcissiques ». Mais, pour la défense, c’est la plaignante qui n’est pas crédible en niant longtemps certaines violences avant de les révéler tardivement. « Elle a tout fait pour ne pas en arriver là, tenté de sauver le prévenu… mais a fini par déposer plainte car elle avait trop peur », explique son avocate, Me Bouvier-Rérat. Un mécanisme aussi décrit par le procureur et selon lui souvent observé chez les victimes de violences conjugales. Le jugement sera rendu jeudi après-midi. /jpi


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