Un rapport de synthèse a été publié à la suite des trois forums organisés en juin dernier dans les districts jurassiens. Pour les participants, les regroupements communaux doivent renforcer l’efficacité sans déshumaniser les villages.
Les Jurassiens ne sont pas fermement opposés aux regroupements de communes. C’est ce qui ressort en substance des forums « identité locale » organisés en juin dernier dans les districts jurassiens. Un rapport de synthèse de ces échanges a été publié dans le cadre du projet « Racines Communes » chargé d’organiser la réflexion autour d’un redéploiement des structures communales. Les trois rendez-vous au Noirmont, à Delémont et Porrentruy ont rassemblé autour de 70 personnes, « principalement des élus ou anciens élus », relève le rapport. Les discussions ont notamment permis d’identifier ce que les citoyens étaient prêts à accepter dans une éventuelle réorganisation communale, et à l’inverse, ce qu’il ne fallait pas toucher dans ce qui constitue « l’identité locale » à laquelle les citoyens sont attachés.
Éviter la « centralisation » des lieux de décision
En résumé, renforcer l’efficacité organisationnelle d’une commune, oui pourquoi pas, mais la déshumaniser et gommer ce qui fait son identité, c’est non ! Les participants aux discussions reconnaissent globalement les avantages que peut fournir une fusion : une administration plus spécialisée, des compétences spécifiques à l’heure où les tâches se complexifient, mutualiser des infrastructures, et bien sûr disposer d’une capacité financière renforcée. Mais il y a aussi certaines craintes qui ressortent, comme le risque de « centralisation » et de voir « les lieux de décision s’éloigner » des petits villages. On veut ici que les localités restent représentées, que les services publics gardent une certaine proximité humaine.
Les habitants « continueront à s’identifier d’abord à leur village »
Et un village, chez le Jurassien, c’est souvent intimement lié à cette fameuse notion « d’identité », celle-là, on ne veut pas qu’elle disparaisse ! Le constat, c’est que les habitants « continueront à s’identifier d’abord à leur village », concède le document. Donc une fusion, si elle doit avoir lieu, devrait pouvoir « reconnaitre cette pluralité d’appartenances plutôt que chercher à l’uniformiser ». Cette recherche d’équilibre devrait guider Racines Communes dans ses futurs travaux. D’ailleurs, un « Forum Jeunesse » et un sondage auprès de la population cet automne permettront encore de récolter des avis. Le groupe de travail « Identité locale » se penchera ensuite sur ses résultats pour fournir des pistes et outils aux communes. /comm-jpi









