Ils ont retraversé Goumois, 80 ans après

Le 20 juin 1940, près de 13'000 soldats polonais et français traversaient le pont de Goumois ...
Ils ont retraversé Goumois, 80 ans après

Le 20 juin 1940, près de 13'000 soldats polonais et français traversaient le pont de Goumois pour fuir l’armée allemande et se réfugier en Suisse. Représentants de Suisse, de Pologne et de France s’y sont retrouvés vendredi pour une cérémonie de commémoration

Représentants de la Pologne, descendants de ces soldats de 1940 ont traversé le pont pour rallier symboliquement la Suisse depuis la France. Représentants de la Pologne, descendants de ces soldats de 1940 ont traversé le pont pour rallier symboliquement la Suisse depuis la France.

Le petit village franco-suisse de Goumois a fait ce vendredi en fin d’après-midi un bond de 80 ans dans l'histoire. Le 20 juin 1940, près de 13'000 soldats polonais et français ont franchi le pont de Goumois pour entrer en Suisse et fuir l'armée allemande. Ambassadeur de Pologne, représentants de l'armée ainsi que des descendants de ces réfugiés se sont réunis hier sur ce pont pour commémorer cette marche vers la liberté. Après un temps de recueillement auprès d’un monument du souvenir côté français, le cortège a traversé le pont qui relie la Franche-Comté au Jura pour y être accueilli par le ministre David Eray.

Reportage

« Bienvenue en Suisse » a lancé le représentant du Gouvernement à l’adresse des diplomates et gradés de l’armée polonaise. « Ce pont représente pour nous, polonais, le passage de la guerre vers la paix. Mais il signifie aussi pour ceux qui nous ont précédés l’opportunité de faire des études, de travailler, de faire sa vie. Ces soldats ont été bien accueillis ici il y a 80 ans, et j’espère que les générations suivantes, qui sont maintenant des citoyens suisses, sont le symbole de cette coopération », confie posément le Brigadier Général polonais Wojciech Kucharski.

Recueillement pour l'ambassadeur de Pologne à Berne, Jedrzej Uszynski, et le Brigadier Général Wojciech Kucharski. Recueillement pour l'ambassadeur de Pologne à Berne, Jedrzej Uszynski, et le Brigadier Général Wojciech Kucharski.

Témoignage de Pierre-Alain Kohler, invité du journal de 18h

« Ce pont, c’est le voyage vers la liberté, vers la vie sauve », témoigne à son tour avec émotion Pierre-Alain Kohler de Tramelan, fils d’un soldat polonais qui traversé ce pont 80 ans plus tôt. « Il faut penser à ce qu’ont subi ces gens. Mon père, lui, avait été blessé à la bataille de Saint-Hippolyte (Doubs, France). C’est en ambulance qu’il a passé la frontière ». Toute la délégation s’est ensuite réunie autour d’un apéritif sur les rives du Doubs avec vue sur le pont. Un verre au goût de liberté qu’ils doivent à la coopération mais aussi la compassion qu’ont eue leurs pairs il y a près d’un siècle. /jpi

Alain-Jacques Czouz-Tornare, historien, raconte la fuite de son père en Suisse


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