Le collège Thurmann serre la vis sur les tenues

Fini les nombrils à l’air dans l’enceinte du collège Thurmann, le point du règlement sur les ...
Le collège Thurmann serre la vis sur les tenues

Fini les nombrils à l’air dans l’enceinte du collège Thurmann, le point du règlement sur les tenues vestimentaires a été complété de deux pictogrammes indiquant les parties du corps qui doivent être couvertes

Ces jeunes filles devront cacher leur nombril. Ces jeunes filles devront cacher leur nombril.

Deux pictogrammes qui font grincer des dents. Les élèves du collège Thurmann à Porrentruy ont reçu la semaine dernière le règlement de l’école. Une page a retenu toute leur attention, celle concernant l’habillement. Le texte n’a pas changé : une tenue convenable est exigée. Désormais deux silhouettes indiquent les parties du corps qui doivent être couvertes. La zone est située entre les aisselles et le milieu de la cuisse de la fille ou du garçon.

Les habits des élèves du collège Thurmann devront couvrir la zone située entre les aisselles et le milieu de la cuisse. (Image : collège Thurmann). Les habits des élèves du collège Thurmann devront couvrir la zone située entre les aisselles et le milieu de la cuisse. (Image : collège Thurmann).

Pour être plus précis

Suite à une rencontre avec d’autres directeurs du canton, cette solution a émergé. Ces pictogrammes ont été créés et appliqués dans une autre école après une discussion entre enseignants et élèves. Le directeur Patrick Bandelier estime que ces images permettent « aux élèves et aux enseignants d'être au clair sur les tenues qui ne sont pas tolérées ». L’année dernière, le corps enseignant a constaté des abus qui peuvent mettre mal à l’aise. Ainsi le directeur de Thurmann estime que chacun doit pouvoir enseigner dans de bonnes conditions. « Il s’agit plus d’une forme de respect à la fois de l’enseignant vis-à-vis de l’élève et à l’inverse de l’élève vis-à-vis de l’enseignant pour que la tenue vestimentaire ne perturbe pas les relations qui doivent exister entre un enseignant et son élève », précise Patrick Bandelier.


« S’habiller comme on veut »

Du côté des adolescents, cette nouvelle restriction fait des mécontents. Ainsi les crop tops qui dévoilent le nombril, les shorts trop courts ou trop troués restent au placard. Certaines jeunes filles bravent les interdits en cachant les petits hauts sous une chemise. Selon elles, il en va de leur liberté de s’habiller comme elle le souhaite. « On connaît les limites », affirme une adolescente rencontrée dans la cour d’école. Même les garçons, moins concernés, estiment que ces mesures sont disproportionnées. C’est le regard de l’autre qui doit évoluer : il n’y a pas de mauvaise tenue, mais de mauvais regard, selon une jeune fille du collège Thurmann.

Reportage dans la cour d'école

Un pictogramme validé par le Service de l’enseignement

Le canton, dans son modèle de règlement type, prescrit « Une tenue vestimentaire et une apparence, appropriées et non provocantes, exigées de tous ». Une marge de manœuvre est laissée aux établissements, comme ici à Thurmann. Le chef du Service de l’enseignement valide le pictogramme utilisé par l’école qui « ne fait aucune discrimination entre filles et garçons et clarifie la situation ». Fred-Henri Schnegg rappelle qu’« on ne va pas à l’école comme on va à la plage » et que le problème de l’habillement à l’école a toujours existé. Selon lui, il y a rarement de sanction à ce sujet dans le Jura. /ncp-lbe


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