La section jurassienne de l’association romande des logopédistes a mis sur pied une soirée électorale pour poser sur la table les réalités de la prise en charge des troubles du langage dans la région.
Le langage, son apprentissage, ses difficultés au cœur d’une soirée électorale. La section jurassienne de l’association romande des logopédistes avait invité mercredi quatre candidats au Gouvernement jurassien à débattre et proposer des améliorations de prises en charge pour les enfants, adultes et familles concernées par les troubles du langage. Les candidats Sonia Burri-Schmassmann (Les Vert-e-s) Raphaël Ciocchi (PS), Amélie Brahier (Le Centre) et Fred-Henri Schnegg (UDC) ont notamment partagé un constat : le Jura doit en faire davantage dans le domaine, notamment en matière de prévention, étant le seul canton romand à ne pas avoir de véritable programme. L’idée d’intégrer un réflexe de conseil logopédique dès le plus jeune âge via des présences dans les crèches et les écoles a émergé, tout comme celle de mettre sur pied un centre de compétences qui réunirait les différents acteurs pouvant être concernés par ces troubles qui touchent surtout les enfants, mais aussi le monde adulte, notamment des personnes âgées.
Daphné Chételat : « L’idéal serait de répondre aux questions avant qu’elles apparaissent. »
Dans le Jura, 80% des logopédistes travaillent de façon indépendante. Elles estiment aujourd’hui que leurs conditions de travail méritent d’être revalorisées, tant sur le plan salarial que celui de la considération. Ayant parfois le sentiment de ne pas être entendues par le Département de la Formation, elles espèrent que cette soirée aura un écho pour aboutir à des améliorations concrètes lors de la prochaine législature. « Nous attendons des futurs élus qu’ils s’intéressent aux troubles du langage, aux thérapies et qu’ils accordent une importance suffisante à nos conditions de travail pour que notre profession reste attractive », a déclaré à RFJ Daphné Chételat, la présidente de l’association.
« Le danger d’un temps d’attente trop long, c’est que les troubles s’accroissent ».
Preuve de l’intérêt de la thématique, plusieurs parents concernés ont pris la parole, souvent avec émotion, pour témoigner de leurs réalités respectives. Ils ont notamment dénoncé un temps d’attente jugé trop lent (parfois plusieurs mois) dans la prise en charge et des trajets parfois complexes à gérer. Les quatre candidats ont globalement appuyé ces reproches et appelé à des améliorations. « Clairement, on souhaite que ce temps d’attente diminue », revendique Daphné Chételat. « Il n’est pas bon ni pour nous ni pour les patients, mais ce n’est pas nous qui avons les solutions pour le faire changer », tournant son regard vers l’Etat. Les discussions se sont déroulées dans un état d’esprit constructif et les logopédistes ne manqueront pas de suivre le travail des quatre candidats du soir s’ils sont élus, histoire de vérifier s’ils auront su passer… de la parole aux actes. /clo








