Passage à tabac : jusqu’à 5 ans de prison ferme

Les quatre prévenus accusés d’avoir roué de coups un jeune homme en mai 2024 entre Coeuve et ...
Passage à tabac : jusqu’à 5 ans de prison ferme

Les quatre prévenus accusés d’avoir roué de coups un jeune homme en mai 2024 entre Coeuve et Porrentruy ont écopé de peines allant de 1 an à 5 ans de prison ferme.

Lourdes peines après le passage à tabac d’un jeune homme en marge de la fête de Coeuve. Lourdes peines après le passage à tabac d’un jeune homme en marge de la fête de Coeuve.

Le Tribunal pénal a rendu son jugement dans l’affaire du passage à tabac d’un jeune homme en mai 2024 en marge de la fête de Coeuve. Les quatre prévenus ont écopé ce jeudi de peines allant de 3 ans de prison dont 1 an ferme jusqu’à 5 ans de prison ferme. Des révocations de sursis précédents et d’autres infractions expliquent la lourdeur des sanctions. Trois des prévenus sont reconnus coupables de délit manqué de meurtre par dol éventuel pour avoir roué de coups leur victime lors de trois agressions en une nuit, à Coeuve puis à Porrentruy.


« Les prévenus ont accepté une issue fatale »

Si la défense avait tenté de minimiser l’implication des prévenus, les déclarations inconstantes et versions contradictoires ont rendu les prévenus « peu crédibles » aux yeux du tribunal. Les juges s’appuient sur les déclarations de la victime et de plusieurs témoins pour établir que trois des quatre prévenus ont donné des coups cette nuit-là. Des coups brutaux comme le décrit ce témoin choqué par ces « coups de pied à la tête comme on frappe un ballon de football », ou cet autre qui décrit un prévenu qui se plaint d’avoir mal aux phalanges à force de frapper. « Ces coups ont objectivement exposé la victime à un risque de mort. Les prévenus ont accepté une issue fatale même s’ils ne la voulaient pas », expose le juge Julien Cattin pour retenir le délit manqué de meurtre par dol éventuel. Il décrit un « acharnement inexcusable, une expédition punitive » menée jusqu’au domicile du plaignant.


Déjà de lourds antécédents judiciaires

Le prévenu qui écope de la plus lourde peine, 5 ans ferme, est décrit comme ayant une « grande emprise sur les autres ». Il frappe, mène activement la traque, passe des appels après les faits pour tenter de faire taire les témoins et la victime. Certains rétractent leur témoignage « sous la crainte ». Tous ont des antécédents judiciaires, « le sursis n’a aucun effet sur eux », lance le juge pour justifier les peines. L’un d’eux faisait déjà l’objet de sept jugements entrés en force. Le « chef » a lui commis les faits neuf jours seulement après une précédente condamnation. Son avocate a confié son intention de faire appel de ce jugement selon elle « trop lourd » au vu des éléments du dossier.

Le quatrième prévenu, reconnu seulement coupable de complicité de lésions corporelles graves dans cette affaire, écope néanmoins d'une peine de quatre ans et demi de prison ferme en raison des nombreuses autres infractions pour lesquelles il comparaissait. Les quatre prévenus devront par ailleurs payer solidairement à la victime une indemnité de 10'000 francs pour tort moral. /jpi


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