De lourdes peines ont été requises ce mercredi dans l’affaire du passage à tabac d’un jeune en marge de la fête de Coeuve il y a deux ans. Le Ministère public réclame 5 à 6 ans de prison ferme envers les quatre prévenus, aux antécédents judiciaires déjà mauvais, pour délit manqué de meurtre par dol éventuel. « Tous ont participé activement », assène le procureur Séraphin Logos. Soit en donnant des coups violents pour trois des prévenus, « à des moments différents mais avec un même but », soit, pour le quatrième en « contribuant à traquer la victime en toute connaissance de cause ».
Débat sur l’issue possiblement mortelle des coups assénés
« Les actes décrits pouvaient clairement aboutir à une issue mortelle », pose le procureur qui insiste sur ces « coups de pied à la tête comme on dégage un ballon de football ». Il est soutenu par l’avocat du plaignant qui dénonce une « volonté de massacrer ». « Aucun coup donné n’était susceptible de donner la mort », rétorque pourtant l’avocat d’un des principaux prévenus qui passe en revue les certificats médicaux pour ne relever que des lésions corporelles simples causées par des coups uniquement portés à la mâchoire. « Les photos au dossier montrent autre chose », lui répliquera le Ministère public. Et puis il y a les interrogations autour du véritable rôle de celui que la victime désigne devant le tribunal comme l’instigateur de l’agression. Celui sur qui la mère d’accueil de la victime a posé aujourd’hui son regard ferme, expliquant d’une voix posée qu’il avait « appelé ses filles pour demander à ce que la victime ne parle pas ».
« Très réducteur de nous dire qu’il a vécu 7 heures d’enfer selon la défense »
Celui devant qui deux protagonistes qui l’accusaient avant rétractent aujourd’hui leurs témoignages face au tribunal. « Les premières déclarations du plaignant désignent pourtant un autre prévenu comme le chef », réplique son avocate qui relève « qu’aucun témoin ne rapporte des coups portés par mon client ». La défense décrit en revanche un plaignant qui sait aussi donner des coups, qui insulte. « C’est très réducteur de nous dire qu’il a vécu 7 heures d’enfer », lance l’une des avocates quand le troisième prévenu ne reconnait qu’une gifle. Avec si peu de coups avoués, le tribunal devra quand même expliquer pourquoi l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris en est venu à poser deux plaques et au moins six vis sur les blessures au visage de la victime. Le quatrième prévenu n’a porté aucun coup selon l’accusation mais le Ministère public requiert contre lui la peine la plus lourde de 8 ans et demi de prison ferme, notamment en raison des 12 autres chefs d’accusation dont il fait l’objet. Le jugement sera rendu jeudi après-midi. /jpi








