Les betteraviers jurassiens face à la sècheresse

La récolte de betteraves sucrières risque d’être faible en 2026. Entre le manque de précipitations ...
Les betteraviers jurassiens face à la sècheresse

La récolte de betteraves sucrières risque d’être faible en 2026. Entre le manque de précipitations et les attaques d'insectes, les agriculteurs s’attendent à un faible rendement. Exemple à Charmoille.

Fabrice Nagel au milieu d'une parcelle de betteraves qui souffre particulièrement cet été. Fabrice Nagel au milieu d'une parcelle de betteraves qui souffre particulièrement cet été.

La saison est difficile pour les producteurs jurassiens de betteraves sucrières. Avec la sècheresse, la plante ne grandit plus, est attaquée par les insectes et meurt dans les parcelles les plus sèches. Seul un mois d’août avec des pluies régulières permettrait de sauver la récolte qui commencera à fin septembre, mais les prévisions n’invitent pas à l’optimisme. À Charmoille, Fabrice Nagel cultive pas moins de 16 hectares de betterave qui représentent un quart de ses surfaces agricoles. Il nous a emmenés dans un champ qui était très prometteur en juin, mais depuis la fin du printemps, la culture souffre malgré quelques orages. « La betterave a une racine capable de descendre jusqu’à deux mètres de profondeur, mais il faut quand même de l’eau », relève le betteravier. Une bonne année, il peut récolter entre 60 et 100 tonnes à l’hectare, mais cette année, « on a des parcelles qui risquent d’être à 30 tonnes. » Le rendement sera particulièrement faible sur les terres sablonneuses. Le cultivateur ajoulot fait aussi preuve de compassion envers certains de ses confrères et estime qu’il n’est pas le plus à plaindre. « Dans la Baroche, on a des terres très profondes. En Haute-Ajoie, les cultures n’ont plus du tout de feuillage. »

Fabrice Nagel : « On dit que la betterave se fait au mois d’août avec les précipitations… »

En regardant plus attentivement les betteraves, on remarque immédiatement des feuilles trouées, attaquées par les insectes. En déterrant une racine, là aussi, il y a un souci. Une bestiole est venue y creuser une galerie et la pourriture commence à s’installer… « Au printemps, on a l’altise qui fait des trous et retarde le développement de la betterave. Ensuite, une noctuelle amène un virus qui bloque la photosynthèse. Cette année, on commence à avoir des vols de charançons, dont la larve fait des galeries dans la racine. » Pour s’adapter aux périodes prolongées de sec, Fabrice Nagel « applique des techniques culturales simplifiées ». Il cherche à retourner le moins possible le sol pour éviter de le dessécher. L’agriculteur barotchais nous a aussi avoué que la culture qui souffre le moins cet été dans son exploitation est le tournesol. /rce


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