Après la sècheresse, les sangliers saccagent les cultures

Agrijura alerte sur une situation « particulièrement préoccupante » dans une lettre ouverte ...
Après la sècheresse, les sangliers saccagent les cultures

Agrijura alerte sur une situation « particulièrement préoccupante » dans une lettre ouverte à l’Office de l’environnement, signée par 145 paysans. La chambre d’agriculture demande des assouplissements de règlement et une réflexion à long terme.

Jérôme Jobin, agriculteur au Bois, a vu sa parcelle de maïs ravagée par les sangliers. (Photo : Jérôme Jobin) Jérôme Jobin, agriculteur au Bois, a vu sa parcelle de maïs ravagée par les sangliers. (Photo : Jérôme Jobin)

C'est la plaie de trop pour les agriculteurs jurassiens. Après la canicule et la sècheresse de l'été qui ont pesé sur les rendements, ce sont les sangliers qui saccagent les cultures restantes avec le retour de la pluie. Si bien que la Chambre jurassienne d'agriculture s'est fendue ce mardi d'une lettre ouverte à l'Office de l'environnement pour lui demander d'agir. Pas moins de 145 agriculteurs jurassiens ont signé la missive, dont Jérôme Jobin qui déplore des dégâts importants dans des espaces qu’il venait de réensemencer. « Avec le retour des précipitations, les sols sont redevenus meubles et beaucoup d’agriculteurs ont mis de gros moyens pour réensemencer des parcelles. Ces graines intéressent fortement les sangliers dont la population augmente d’année en année et les dégâts suivent », explique l'agriculteur installé au Bois.

Jérôme Jobin : « Beaucoup d’agriculteurs ont mis de gros moyens pour réensemencer des parcelles aujourd'hui saccagées. »

L’Office de l’environnement a pris connaissance de la lettre ce mardi après-midi. S’il est prématuré d'avancer des solutions possibles, l'inspecteur de la faune ne constate pas actuellement de recrudescence exceptionnelle de dégâts de sanglier par rapport aux autres années. « Au contraire, on enregistre 30% de dommages en moins qu’à la même période l’an dernier. Mais on comprend cette tension sur l’agriculture après les faibles rendements enregistrés sur les herbages et maïs qui sont récoltés actuellement », explique Amaury Boillat.

Amaury Boillat : « 30% de dommages en moins qu’à la même période l’an dernier. »

Pour remédier au problème, les agriculteurs ont l’habitude de faire appel aux chasseurs pour des tirs de régulation de la population. Problème selon Agrijura, des changements dans le règlement de la chasse en début d'année ont pu dissuader les chasseurs et limiter leur capacité d’intervention. « Le tir de sangliers est restreint par la saison, la date, les heures, les mères allaitantes ne peuvent pas être tirées. On comprend que les chasseurs ne peuvent pas tirer à tout va au risque de perdre leur permis de chasse ou d’écoper d’une amende », avance Jérôme Jobin qui attend que l'Office de l'environnement assouplisse ce règlement.

Jérôme Jobin : « On comprend que les chasseurs ne peuvent pas tirer à tout va. »

Les sangliers ont, ici, fouillé une parcelle récemment ensemencée. (Photo : Jérôme Jobin) Les sangliers ont, ici, fouillé une parcelle récemment ensemencée. (Photo : Jérôme Jobin)

Très exactement, le nouveau règlement prévoit « un émolument plutôt qu’une amende » de 250 francs si un chasseur venait à tirer une laie allaitante. « Mais à l’heure actuelle, le nombre de sangliers prélevés est supérieur à ce que nous avons enregistré les quatre précédentes saisons. Donc on ne peut pas dire que les modifications de règlement aient influencé les tirs », balaie Amaury Boillat qui affirme néanmoins que la demande sera étudiée et qu’une réponse sera donnée prochainement.

Amaury Boillat : « On ne peut pas dire que les modifications de règlement aient influencé les prélèvements. »

Agrijura déplore une surpopulation de sangliers qui remonte à de nombreuses années. Plusieurs « points critiques » ont été identifiés au fil des ans : les côtes du Doubs, les Franches-Montagnes, la plaine de Bure-Porrentruy où la localité de Mormont est régulièrement ravagée, ainsi que les points de contact avec la frontière française tels que la chaîne Roche d’Or – Réclère ou encore Bonfol. /jpi


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