Un regard sur la jeunesse oubliée des provinces russes

L’artiste jurassien Augustin Rebetez présente ce mercredi à la FARB une galerie de photographies ...
Un regard sur la jeunesse oubliée des provinces russes

L’artiste jurassien Augustin Rebetez présente ce mercredi à la FARB une galerie de photographies ramenée de ses voyages en Russie entre 2018 et 2023. Elles illustrent une jeunesse « congelée » par un régime dont l’autoritarisme s’est accentué avec la guerre.

Augustin Rebetez a voyagé dans les provinces de l'Est de la Russie entre 2018 et 2023. Augustin Rebetez a voyagé dans les provinces de l'Est de la Russie entre 2018 et 2023.

Loin des grandes villes de Russie, Augustin Rebetez livre un regard sur la jeunesse des provinces qui grandit sous un régime autoritaire. L'artiste jurassien a voyagé dans l’Est du pays entre 2018 et 2023, à travers les régions de l’Oural, de la Sibérie de la Yakoutie jusqu’à l’Extrême-Orient. Il y a rencontré de nombreuses personnes, notamment dans le milieu artistique, et a ramené une galerie de photographies, notamment de portraits, qu'il présente ce mercredi soir (20h, entrée libre) à la FARB à Delémont accompagné de l’historienne de l’art Pamela Guerdat et de la musicienne biennoise Réa Dubach.

Les portraits d'Augustin Rebetez montrent une jeunesse figée par son régime. Les portraits d'Augustin Rebetez montrent une jeunesse figée par son régime.

« J’ai rencontré une jeunesse complètement soumise à un régime, où les jeunes artistes ne peuvent rien faire. C’est très difficile de résister, très difficile de fuir. J’ai vu des gens contre Poutine, contre la guerre en Ukraine, qui ne savaient pas trop comment l’exprimer parce qu’ils subissent la répression de ce régime autoritaire », raconte Augustin Rebetez. Ses photos, dont le résultat final a été baptisé « Demain jamais », montrent une jeunesse et une province figée sous un épais manteau neigeux ou de glace, au propre comme au figuré. Un climat glacial qui s’est accentué avec la guerre en Ukraine, déclenchée en 2022.

Augustin Rebetez : « Ça parle de prison, de bracelets électroniques, de profilage digital. Manifester son désaccord est très compliqué. »

« J’ai vu une évolution. Par exemple les lieux artistiques où j’ai présenté mon travail en 2018 ou en 2020 avaient pour la plupart fermé en 2022 ou 2023, leur personnel licencié… J’ai senti que le pays se refermait », confie Augustin Rebetez qui décrit un contexte répressif et anxiogène qui dissuade toute révolte. « Ça parle beaucoup de prison, de bracelets électroniques, de gens en attente de jugement, de profilage digital. Quand les gens voyagent, ils effacent tout ce qu’ils ont sur leur téléphone, leurs réseaux sociaux. Moi-même j’ai été arrêté à deux reprises, les douanes voulaient voir dans mon appareil photo, mon ordinateur, mon fil de photos sur mon téléphone… Manifester son désaccord est extrêmement compliqué ». Son travail photographique se veut comme une métaphore d’un pays gelé, où l’espoir peine actuellement à poindre. /jpi


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