Christophe Dubi, directeur exécutif du CIO, était à Neuchâtel jeudi soir pour une table ronde sur l’avenir de l’olympisme. Les villes qui accueilleront les Jeux olympiques ne devront plus construire sans utilité pérenne
« L’avenir de l’olympisme », c’était le thème d’une table ronde organisée jeudi à l’Espace Gilbert Facchinetti au stade de La Maladière à Neuchâtel dans le cadre d’un événement privé. Christophe Dubi, directeur exécutif du comité international olympique, Benjamin Cohen, directeur général de l’agence de contrôles olympique, et Timea Bacsinszky, ancienne joueuse de tennis suisse médaillée d’argent à Rio, en ont débattu. L’occasion de faire le point sur l’évolution du rendez-vous, le cahier des charges des candidatures ou encore les polémiques autour de ces grands événements tant du point de vue écologique que sur les aspects « politiques » et de respect des droits humains au sein des pays organisateurs.
« Ça fait mal quand une population sportive comme le Valais refuse des Jeux »
Les exigences pour accueillir les Jeux olympiques sont parfois jugées excessives, notamment en termes de coûts qui reposent sur les collectivités publiques. D’ailleurs ces dernières années tant les citoyens des Grisons que ceux du Valais ont refusé en votation populaire que leur canton se porte candidat pour organiser les JO d’hiver. Des moments difficiles pour Christophe Dubi.
Christophe Dubi tient à souligner que le CIO a appris de ses erreurs passées « avec une volonté d’alléger le dispositif. » Même s’il est devenu plus complexe tant au niveau de la cybersécurité que de la durabilité, le cahier des charges a désormais été remodelé. « Il exige que si une infrastructure n’est pas existante, il faut construire du temporaire, ou l’établir ailleurs, y compris dans une autre région ou dans un autre pays. Et puis si réellement il y a une volonté d’investissement, alors il faut démontrer la pérennité de l’infrastructure. »
« On est capable de faire respecter nos valeurs, quel que soit le système politique qui nous accueille »
Au-delà des critères financiers ou d’infrastructures, ne faudrait-il pas en intégrer d’autres, comme la démocratie ou le respect des droits humains dans les pays accueillant les Jeux ? Christophe Dubi rassure : « Le cahier des charges a aussi beaucoup évolué dans le domaine du respect des droits humains. Depuis 2014, ces facteurs-là ont été pleinement intégrés. » Reste que l’opinion publique se braque de plus en plus sur l’organisation de ces grands événements. Actuellement, les polémiques s’élèvent sur la Coupe du monde de football au Qatar, qui est toutefois du ressort de la FIFA. Mais par le passé les JO de Pékin en Chine ou ceux de Sotchi en Russie ont aussi été décriés. Christophe Dubi estime qu’en tant qu’organisation internationale, ce n’est pas au CIO « de juger un système politique, religieux ou économique. Nous avons une mission, c’est d’accueillir le monde avec toute sa diversité à un moment donné à un endroit donné. Mais ce qui est fondamental, c’est que les exigences que l’on pose par rapport à l’événement à lui-même, comme par exemple assurer la liberté d’expression des athlètes en Chine, soient respectées. »
« Trouver le juste équilibre entre tradition et innovation »
Pour revenir sur le terrain sportif, les disciplines admises aux JO évoluent. Les sports intégrés sont plus jeunes, plus « fun », plus spectaculaires, mais aussi plus télévisuels pour certains d’entre eux. « La richesse des Jeux, c’est de couvrir les goûts de tout le monde, de toutes les générations et dans tous les continents », relève Christophe Dubi. « La beauté des Jeux olympiques, c’est qu’on arrive à préserver dans un événement sur 17 jours, la tradition, les sports qui étaient là en 1896 et d’intégrer les nouvelles pratiques. Ce qui n’est pas toujours simple, car l’événement grossit », explique le directeur exécutif du CIO.
Les prochains Jeux olympiques seront ceux d’été en 2024 à Paris, puis ceux d’hiver en 2026 à Milan et Cortina. /jpp











