Il a troqué le coup de sifflet pour la sonnerie de téléphone. Yannick Rebetez, Jurassien d’une trentaine d’années, a concrétisé dernièrement un projet qu’il portait depuis plusieurs années : celui de devenir agent de joueurs. Après une dizaine d’années à arbitrer des parties de hockey sur glace à travers le pays – dont en tant que juge de ligne en National League et en Swiss League – Yannick Rebetez avait l’impression « d’avoir fait le tour ». Il s’est alors approché de deux anciens joueurs de l’équipe nationale, Gil Montandon et Thibaut Monnet. Tous deux ont accepté le défi et c’est ainsi que l’agence MORE Management est née. Son siège se trouve d’ailleurs à Delémont. Sa devise est d’accompagner l’athlète avant, pendant et après sa carrière. C’est aussi pour cela qu’un certain Kevin Ryser, ancien défenseur du HC AJoie, est inclus dans le projet en tant que responsable de la formation des athlètes.
Objectif : se faire connaître
La priorité d’un agent de joueurs, c’est de développer et consolider un réseau. Yannick Rebetez estime avoir entretenu de bons contacts avec certains joueurs de Suisse. Ses deux acolytes et lui-même ont d’ailleurs déjà une vingtaine de joueurs sous contrat aujourd'hui. Ces derniers viennent avant tout des championnats de National League, de Swiss League et de MySports League et sont principalement suisses. Mais deux Lituaniens ont également paraphé une entente avec MORE Management. Pour Yannick Rebetez, l’objectif est aujourd’hui de tisser un lien de confiance avec les directeurs sportifs de plusieurs clubs et de développer son réseau.
Le coronavirus, cet écueil
L’enfant de Bassecourt reconnaît toutefois que ses débuts ne sont pas rendus faciles par la crise liée au coronavirus. Le marché est très restreint d’après lui et les clubs font davantage confiance à leurs jeunes et renoncent à certaines dépenses : « Il y a quelques exceptions et des enveloppes sont réservées par les clubs pour des postes-clés ou pour les étrangers », précise l’agent de joueurs jurassien. Certains souffrent de cette situation, d’après Yannick Rebetez : « Prenons l’exemple d’un joueur en fin de carrière en National League et qu’on doit placer : il sera en compétition avec des jeunes éléments des clubs qui coûteront peut-être moins cher et il sera donc plus difficile de trouver un point de chute à de genre d'éléments », analyse-t-il.
Yannick Rebetez : « Tout est bloqué »
Un marché appelé à changer
Yannick Rebetez estime que le marché est appelé à évoluer ces prochaines années, la crise du coronavirus n’ayant fait que le rappeler. Et cela va concerner avant tout la Swiss League, d’après l’ancien juge de ligne : « La tendance en Swiss League va vers une réduction des coûts », affirme le Jurassien. Selon lui, de nombreux clubs se tournent – ou vont se tourner – vers des jeunes joueurs dont les salaires sont moins élevés que des éléments avec un statut confirmé. /mle












