L’annonce a fait l’effet d’une bombe : la Fédération suisse de hockey sur glace a licencié mercredi l’entraîneur de l’équipe masculine A Patrick Fischer, à moins d’un mois du Championnat du monde qui se tiendra dans notre pays. L’entraineur zougois était dans la tourmente depuis les révélations concernant son certificat Covid falsifié au moment d’entrer en Chine pour les Jeux olympiques de 2022.
Si l’instance helvétique a dans un premier temps soutenu publiquement son entraîneur, elle a fait volte-face et pointé du doigt le débat public portant sur les valeurs et la confiance que cette affaire avait déclenché. Swiss Ice Hockey a remercié Patrick Fischer pour « ses indéniables grands succès », lui qui a notamment glané trois médailles d’argent lors de Championnats du monde (2018, 2024, 2025) et emmené la Suisse à deux reprises en quarts de finale des JO (2022 et 2026).
Remise en question et proximité
Patrick Fischer est arrivé à la tête de l’équipe de Suisse après l’ère Glen Hanlon, dont le départ a été acté en décembre 2015. Le Zougois est donc resté pendant plus de dix ans à la tête de notre équipe nationale. Une longévité exceptionnelle qui s’explique de différentes manières, selon le Neuchâtelois Félicien Du Bois, ex-défenseur et joueur au début de l’ère Fischer : « Il a réussi à fédérer. (…) Les joueurs ont vraiment envie de représenter l’équipe de Suisse. Il a créé un groupe. Il a beaucoup travaillé sur le côté humain, à côté du hockey, de la tactique et de toutes ces choses-là. Il a beaucoup investi dans la communication qui est une de ses qualités », reconnaît l’ancien défenseur. « C’est un gars qui est communicatif. Sa grande qualité, c’est qu’il a vraiment su séparer les choses. Quand l’équipe est à l’hôtel, c’est un gars avec qui tu peux parler de tout et de rien. (…) C’est presque, entre guillemets, un copain. (…) Mais il a été très bon, surtout lors de la deuxième partie de son mandat, pour faire comprendre aux joueurs que quand c’est l’heure de bosser (…) il faut y aller, et que quand c’est l’heure de la théorie, de la tactique, il faut être concentré », note Félicien Du Bois. Ce dernier affirme aussi que Patrick Fischer a passé beaucoup de temps à tisser des liens privilégiés avec les joueurs-clés, en particulier ceux de NHL qui n’ont jamais boudé leur plaisir à enfiler la tunique nationale. L’ancien joueur neuchâtelois salue aussi la remise en question de Patrick Fischer après un début de mandat compliqué, marqué par une élimination en phase de groupes lors du Mondial en Russie (2016). Selon Félicien Du Bois, le coach a su se poser et s’entourer des bonnes personnes pour redresser la barre.
Félicien Du Bois : « Il a vraiment créé un groupe. »
Et maintenant ?
L’éviction inattendue de Patrick Fischer intervient à moins d’un mois du lancement du Championnat du monde dans notre pays, grand objectif de notre équipe nationale après les médailles d’argent cueillies lors des deux dernières éditions. Ce Mondial devait par ailleurs être le dernier du Zougois à la tête de la Suisse. Son successeur désigné Jan Cadieux doit à présent reprendre les rênes plus vite que prévu et préparer au mieux ses joueurs pour le rendez-vous de mai : « Cadieux est dans le système depuis quelques années. Il savait de toute façon qu’il allait reprendre. (…) Le timing n’est pas idéal, on est d’accord. Mais je pense qu’au niveau du système et tout, ils travaillent déjà fortement les deux ensemble », souligne Félicien Du Bois qui se veut confiant pour la grande échéance de ce printemps. Ce dernier ajoute toutefois que les relations privilégiées que Fischer avait nouées avec les joueurs ne peuvent pas se forger en si peu de temps pour Jan Cadieux qui est désormais sous le feu des projecteurs, alors que la Suisse défie la Slovaquie en match amical ce jeudi… /mle










