Trente-sept obstacles à la migration piscicole doivent être supprimés

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Trente-sept obstacles à la migration piscicole doivent être supprimés

L’Office de l’environnement du Jura doit supprimer sur ses cours d’eau 37 obstacles à la migration des poissons d’ici 2030 suite à la publication d’une feuille de route par la Confédération

Le barrage du Theusseret Le barrage du Theusseret fait partie des secteurs à aménager. (photo : goumoispechesloisirs.fr)

L’Office cantonal de l’environnement s’est vu accorder une lourde tâche par la Confédération. D’ici 2030, il est censé supprimer sur ses cours d’eau 37 obstacles à la migration piscicole. L’Office fédéral de l’environnement a édicté la semaine passée une feuille de route qui recense 1000 obstacles à supprimer ou aménager sur le territoire national. Cela concerne surtout des centrales, des vieux moulins, barrages, digues...

 

Tenir compte des espèces les plus faibles

Le Jura, qui n'est pas assis sur le banc des mauvais élèves, doit tout de même concentrer ses efforts sur 37 points délicats répartis principalement sur le Doubs, la Birse ainsi que l’Allaine dans une moindre mesure. Le barrage du Theusseret, le Moulin Grillon sur le Doubs, le site de Choindez sur la Birse figurent, entre autres, au nombre des endroits bien connus des Jurassiens. « Cela concerne des installations liées à l’exploitation de la force hydraulique, qu’elles soient encore en usage ou hors-service. Ces installations posent problème pour la montaison et la dévalaison du poisson. Or, il faut rétablir la migration dans les deux sens. Les poissons doivent être capables de remonter et de redescendre les cours d’eau pour rejoindre leur habitat », explique le Dr Laure Chaignat, collaboratrice scientifique à l’Office de l’environnement du Jura. Sauf que tous les poissons ne disposent pas des mêmes aptitudes pour franchir un obstacle. Il faudra donc tenir compte des espèces les plus faibles selon Amaury Boillat, inspecteur de la faune à l’Office de l’environnement. « Certaines espèces ont des capacités natatoires plus importantes que d’autres. La truite franchit par exemple facilement un obstacle de 20 centimètres, mais un apron aura plus de difficultés. Cela demande donc des ouvrages de franchissement plus élaborés. »

 

Les concessionnaires devront avancer les frais des travaux

Techniquement et en fonction des cas, ces obstacles pourront être détruits, aménagés via la création d’une passe à poisson ou évités grâce à un ruisseau de contournement. Ces travaux de mise en œuvre seront intégralement remboursés par Swissgrid, le gestionnaire suisse du réseau de transport d’électricité. En revanche, il revient au canton ou au concessionnaire de chaque site d’avancer les frais. « Pour le canton, c’est moins problématique d’avancer les frais. Mais dans le Jura on a surtout de la petite hydraulique, et là on peut se poser la question de savoir si les petits exploitants auront les moyens d’avancer ces sommes d’argent qui sont souvent considérables. Les études et mises en œuvre peuvent coûter plusieurs centaines de milliers de francs ! Il va peut-être falloir trouver des solutions constructives pour certains concessionnaires qui n’ont pas les reins assez solides pour pré-financer ces travaux », confie le Dr Laure Chaignat. Sans oublier que chaque projet retenu devra franchir l’écueil d'éventuelles oppositions. Ce qui fait dire à l’Office de l’environnement du Jura que le délai de mise en œuvre qui court jusqu’à 2030 est « ambitieux ». /jpi


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