La pêche et son histoire dans une encyclopédie

L’apron, l’anguille, l’écrevisse… il y en avait, du monde, dans les rivières et étangs jurassiens ...
La pêche et son histoire dans une encyclopédie

L’apron, l’anguille, l’écrevisse… il y en avait, du monde, dans les rivières et étangs jurassiens, lors des siècles passés. Les espèces de poissons et les techniques de pêche du Moyen-âge à nos jours sont passées en revue dans l'encyclopédie « 1000 ans de pêche en Suisse romande », écrite par Bernard Vauthier

Un dessin de Saint-Ursanne en 1580. On y remarque de nombreux poissons dans la rivière Un dessin de Saint-Ursanne en 1580. On y remarque de nombreux poissons dans la rivière

Même s’il publie un livre de 500 pages sur la pêche, qu’il connait toutes les techniques, de la pêche à la ligne à la pêche à la fourche, ne vous attendez pas à trouver Bernard Vauthier bottes aux pieds, pieds dans l’étang, un seau rempli de prises à ses côtés. Ce Neuchâtelois n’a jamais tué un seul poisson de sa vie. Son truc à lui, c’est la pêche aux archives.


Une activité très réglementée au Moyen-Âge

Pendant plus de dix ans, il a écumé le territoire romand, à la rencontre de pêcheurs, des familles de pêcheurs, et il a glané des informations. Selon lui, la pêche, c’est un domaine qui n’a pas la côte dans les musées. Pourtant, il y a de quoi dire.

Pour son enquête, Bernard Vauthier s’est rendu dans le Jura, sur les bords du Doubs. Il a découvert que la pêche était une activité très réglementée, et plutôt bien documentée, dès le 13e siècle. Ainsi, il apprend que le Doubs était une propriété privée, qu’à Saint-Ursanne, c’était la bourgeoisie qui avait les droits de pêche, que la Birse était la propriété du Prince mais qu’il donnait le droit aux fermiers de venir y attraper du poisson. Les pêcheurs pouvaient en revanche intervenir librement dans la Suze, moyennant certaines règles.


Le poisson, un met répandu

A l’époque, tout le monde mangeait du poisson, même si celui-ci voyait bien du monde avant d’atterrir dans les estomacs. On devait en effet d’abord présenter la marchandise au Prince, qui faisait son marché, puis aux bourgeois, et enfin à la population. Il n’est donc pas nécessaire de dire que les petites gens récoltaient la petite friture, voire les arêtes, pendant que les riches se gavaient des bonnes chairs grasses des gros poissons.


Moins de nageurs dans nos cours d'eau

Dans les rivières et étangs jurassiens, on trouvait alors des truites, des chabots, des petites lamproies, des loches, des écrevisses, et encore bien d’autres poissons et crustacés. Selon Bernard Vauthier, ces espèces peuplent toujours nos rivières, mais se font de plus en plus rares. Certaines pourraient même avoir complètement disparu, comme l’anguille par exemple, qu’on trouvait dans l’Allaine. Moins de nageurs dans nos cours d’eau : pour Bernard Vauthier, la raison de ces disparitions, c'est un réchauffement des eaux, couplé à un débit rapide. Une discordance entre la température et le type de cours d’eau, qui ne plait pas forcément aux poissons.

Leçons d’histoire, données environnementales et secrets de pêche, c’est dans 1000 ans de pêche en suisse romande, un livre de Bernard Vauthier, publié aux éditions Favre. /cto


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