Jean-François Bergier, un homme qui a bouleversé l’Histoire suisse

L’historien Jean-François Bergier est décédé il y a 10 ans, il avait notamment contribué à ...
Jean-François Bergier, un homme qui a bouleversé l’Histoire suisse

L’historien Jean-François Bergier est décédé il y a 10 ans, il avait notamment contribué à revoir l’image de l’attitude de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale

Jean-François Bergier, un des historiens majeurs de la Suisse, est mort il y a 10 ans, le 29 octobre 2009. (Photo : Peter Friedli [Copyrighted free use]) Jean-François Bergier, un des historiens majeurs de la Suisse, est mort il y a 10 ans, le 29 octobre 2009. (Photo : Peter Friedli [Copyrighted free use])

Il était l’un des papes de l’Histoire Suisse. Jean-François Bergier est mort il y a 10 ans, le 29 octobre 2009, à l’âge de 77 ans. L’historien reste associé à la commission d’experts qui avait analysé les rapports de la Suisse avec l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale. La « Commission Bergier » - qu’il présidait - avait été instituée dans la foulée du scandale des fonds juifs en déshérence, dans les années 1990. Elle avait publié son rapport final en 2002 et avait mis en lumière certains aspects troubles de l’attitude de la Suisse.

L’historien neuchâtelois Marc Perrenoud avait pris part aux travaux de la commission indépendante d’experts. Il rappelle, tout d’abord, que l’organe présidé par Jean-François Bergier a profondément changé la vision du rôle de la Suisse pendant le second conflit mondial :

La « Commission Bergier » a également permis de répondre à une accusation formulée à l’égard de la Suisse, celle d’avoir contribué à prolonger la durée de la Seconde Guerre mondiale. Le grief avait été formulé pendant le conflit, déjà, et avait été réactivé dans les années 90. Marc Perrenoud précise la conclusion de l’organisme :

La « Commission Bergier » a fonctionné dans un contexte particulièrement explosif après l’affaire des fonds juifs. Son travail a ainsi contribué à trancher des polémiques particulièrement vives, comme l’indique Marc Perrenoud :

Les conclusions de la commission d’experts ont toutefois soulevé de fortes réactions de désapprobation, à l’époque. Marc Perrenoud relève que l’organe n’avait pas pour mission de réconcilier les Suisses avec leur passé mais de faire la lumière sur une partie de leur histoire :

Jean-François Bergier avait été lui-même pris à partie dans la tempête soulevée par le travail de la commission. L’historien n’était pas vraiment prêt à faire face à la virulence de certaines critiques, comme l’affirme Marc Perrenoud :

L’apport de Jean-François Bergier à l’Histoire suisse reste toutefois déterminant. L’homme a éclairé les Suisses sur leur passé même si certains préfèrent rester aveugles…

A noter, enfin, que la contribution de Jean-François Bergier ne s’est pas limitée à la période de la Seconde Guerre mondiale. L'historien a aussi permis de revoir certains mythes fondateurs de la Suisse avec son livre « Guillaume Tell », paru en 1988. /fco


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