Le bostryche en plein essor dans les forêts jurassiennes

La propagation de cet insecte ravageur s'accélère, alors que la lutte ne parvient plus à suivre ...
Le bostryche en plein essor dans les forêts jurassiennes

La propagation de cet insecte ravageur s'accélère, alors que la lutte ne parvient plus à suivre

Le bostryche creuse des galeries dans l'écorce des arbres pour y pondre ses œufs. Le bostryche creuse des galeries dans l'écorce des arbres pour y pondre ses œufs.

Une situation catastrophique dans les forêts jurassiennes. Et c’est la faute du bostryche. Cet insecte ravageur pullule depuis 2018 sur les peuplements d’épicéa. Cet arbre emblématique des pâturages boisés des Franches-Montagnes a été affaibli par les étés caniculaires et des tempêtes hivernales de 2018 et 2019, ce qui a favorisé le développement du bostryche. L’office cantonal de l’Environnement articule le chiffre de 50'000 m3 de bois touchés dans le Jura. Tous les 10 ans, les populations de bostryche connaissent un nouveau pic. Et celui-ci peut-être accentué par des événements météorologiques extraordinaires. C’est le cas avec l’épisode qu’on connaît actuellement. Par contre, les moyens financiers et humains manquent pour lutter efficacement.

« On est dépassé »

On ne pourra pas sauver toutes les forêts. Mélanie Oriet, responsable du domaine forêts et dangers naturels à l’office de l’Environnement, indique que « face à l’ampleur de cette épidémie, on est dépassé ». Pour lutter contre le bostryche, il faut s’en remettre à ses prédateurs ou intervenir en abattant les arbres infestés pour ensuite les acheminer rapidement vers les lieux d’exploitation avant que les larves, cachées dans l’écorce, n’arrivent à maturité. Mais c’est le dernier maillon de cette chaîne qui pose actuellement problème. Les stocks sont saturés et le marché du bois est quasi à l’arrêt à cause de la crise du Covid-19 fermant les frontières et les débouchés.

Guillaume Schaller, garde-forestier, nous fait découvrir le bostryche.

Il faut mettre des priorités

Les propriétaires de forêts sont désemparés. Le m3 d’un épicéa attaqué par le bostryche est vendu une trentaine de francs, alors que les frais d'abattage se montent au double. Les autorités cantonales parlent de priorité. Les budgets cantonaux ne pourront pas soutenir l’ensemble des propriétaires forestiers qui pourraient mener la lutte. L’image de la maison qui brûle a été citée, mardi matin, à plusieurs reprises. Il faut sauver ce qui a de la valeur. Pour les autorités cantonales, il s’agit des forêts protectrices et les emblématiques pâturages boisés. Pour les autres, il faut laisser tomber. Le citoyen doit s’attendre à rencontrer de plus en plus d’arbres secs et de vivre avec le danger que ça peut représenter. /ncp


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