Divorce acté entre Delémont et Régiogaz SA

Le Conseil de ville a adopté lundi soir un arrêté permettant au Conseil communal de dénoncer ...
Divorce acté entre Delémont et Régiogaz SA

Le Conseil de ville a adopté lundi soir un arrêté permettant au Conseil communal de dénoncer au plus vite la Convention d’actionnaires de la société

La séance du Conseil de ville de Delémont, largement consacrée au dossier « Régiogaz », a duré près de 4h30 lundi soir ! La séance du Conseil de ville de Delémont, largement consacrée au dossier « Régiogaz », a duré près de 4h30 lundi soir !

Delémont et Régiogaz SA, c’est bel et bien fini. Le Conseil de ville a approuvé lundi soir – par 22 voix contre 13 – un arrêté qui donne compétence au Conseil communal de dénoncer la Convention d’actionnaires de la société dans les meilleurs délais. Les actions de la ville seront vendues pour un franc symbolique aux communes membres qui souhaitent poursuivre l’activité. Pour rappel, Courrendlin, Courroux, Rossemaison et Courtételle font partie, avec Delémont jusqu’à présent, de Régiogaz SA.

Ce sujet sensible a fait l’objet de débats longs et nourris au législatif delémontain. L’entrée en matière a d’ailleurs été votée à bulletins secrets. Conseillère communale en charge de l’énergie, Murielle Macchi-Berdat a présenté « un message à contre-cœur, mûrement réfléchi depuis de longs mois dans l’intérêt des citoyens en général et des consommateurs plus particulièrement ». Le Conseil communal estime être allé « de déceptions en déceptions » au sujet du fonctionnement opérationnel, de la sécurité et de la gouvernance de la société.

En quittant Régiogaz SA, Delémont veut garder la maîtrise des prix du gaz dès septembre 2022 pour les 1'200 ménages concernés en ville, et protéger les clients des « pratiques tarifaires incontrôlées ». La Municipalité estime qu’un maintien au sein de la société aurait des répercussions sur les finances communales. D’autre part, le Conseil communal dénonce un non-respect des bases légales de la part de Régiogaz SA, notamment en matière de loi sur les marchés publics au niveau de la filière d’approvisionnement. Enfin, la ville entend respecter ses engagements sur la stratégie énergétique, visant l’abandon des énergies fossiles d’ici 2050.

En sortant de la société, le Conseil communal estime prendre ses responsabilités. Entretien avec Murielle Macchi-Berdat :

« Nous n’avions pas d’autre choix que de nous retirer de la société »

Si le Conseil de ville a finalement suivi l’exécutif delémontain dans son choix de quitter Régiogaz SA, les échanges n’ont pas été de tout repos. A droite, on a parlé de « sabotage » et « d’arrogance ». Le PLR a tiré à boulets rouges sur le fait que Delémont se soit retirée du Conseil d’administration de la société sans avoir consulté le législatif. D’autre part, il a dénoncé le coup porté aux collaborations intercommunales. « Quelle image donne-t-on ? », a tonné Christophe Günter. Par la voix de Suzanne Maître-Schindelholz, le PCSI affirme avoir compris le retrait de Delémont, tout en se disant surpris. « On quitte Régiogaz SA de manière précipitée. Les liens entre les communes doivent être soignées et là, il y a un sentiment de trahison ». Pour l’UDC, Laurence Studer a estimé que le Conseil communal avait pris sa décision sur un coup de tête : « On va nous le reprocher ». Et pour l’élu PDC Patrick Frein, « on nous tord le bras en disant qu’il n’y a pas d’autre solution ».


Un référendum ?

Le PLR Pierre Chételat a ensuite pris la parole pour annoncer la possibilité de lancer un référendum en cas d’acceptation du message pour quitter Régiogaz SA. Entretien :

« Les maires des autres communes sont blessés »

A gauche de l’échiquier politique, on estime que le retrait de Régiogaz SA est une bonne chose. « Les charges de la société pèsent lourd sur Delémont. Nous pouvons gérer l’énergie avec nos propres compétences », a déclaré Chloé Parrat pour l’Alternative de gauche. Et pour le PS, Diego Tomaselli a évoqué les arguments sécuritaires, financiers et légaux : « La situation actuelle peut favoriser les abus et le copinage ». Il a enfin évoqué l’aspect écologique : « Le gaz n’a pas un avenir pérenne ». /rch


 

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