Les éleveurs s’inquiètent de l’arrivée probable du loup dans le Jura

Si elle n’est pas encore confirmée, la présence du loup dans la région semble inéluctable. ...
Les éleveurs s’inquiètent de l’arrivée probable du loup dans le Jura

Si elle n’est pas encore confirmée, la présence du loup dans la région semble inéluctable. Certains exploitants envisagent déjà de jeter l’éponge, mais Pro Natura Jura est persuadée qu'une cohabitation est possible

Le loup a probablement déjà traversé la région, mais rien n'indique encore qu'il s'y soit établi. (photo d'illustration) Le loup a probablement déjà traversé la région, mais rien n'indique encore qu'il s'y soit établi. (photo d'illustration)

Vous connaissez la fable, mais les éleveurs qui crient au loup pourraient bien avoir raison cette fois-ci. Il y a deux semaines, plusieurs moutons ont été attaqués par un prédateur dans le Clos-du-Doubs, relayait le Quotidien Jurassien. Et la marque du loup fait peu de doute, selon plusieurs observateurs. Le Canton du Jura attend encore le résultat d’analyses ADN prélevées sur deux carcasses, mais il est une quasi-certitude : le loup, s’il n’est pas déjà dans le Jura, y viendra bien un jour ou l’autre.

Plusieurs éleveurs nous ont dit être sceptiques quant aux moyens de protection, comme les clôtures renforcées ou les chiens de garde. Ces méthodes seraient, selon eux, peu adaptées à la topographie, trop chères, et surtout, le loup pourrait bien s’y adapter. Certains exploitants admettent qu’ils changeront d'activité si le prédateur devait s’installer durablement dans la région. L’un d’eux établi en Ajoie nous a dit : « Je serai radical. Quand le loup arrive, je me séparerai de tous mes moutons ». Pourtant, des compensations financières sont prévues en cas d'attaque, mais elles sont insuffisantes aux yeux de Daniel Pape, le président de la fédération jurassienne d'élevage ovin et caprin :

Du côté d’AgriJura, François Monin s’est dit surpris par la rapidité avec laquelle le loup a avancé en direction du Jura. Jusqu’à ce mercredi, le directeur n’avait en revanche pas reçu d’appels d’agriculteurs à ce sujet.


Le loup a aussi ses défenseurs

L’association de protection de la nature Pro Natura note pour sa part que les loups ont très probablement déjà traversé la région en toute discrétion. La section jurassienne souligne que la population de cerf, la proie de prédilection du loup, est trop faible pour permettre au prédateur de s’installer durablement. Elle est aussi persuadée qu’une cohabitation entre éleveurs et loup est possible et que la prévention fonctionne. Pour preuve : « Le nombre d’individus en Suisse augmente lentement, écrit-elle, et le nombre d’attaques par bête et par année diminue. La plupart des attaques touche des bêtes sans protection ».

Il en faudra plus pour rassurer les exploitants qui redoutent des attaques sur des veaux voire des poulains. Des images impressionnantes diffusées par la RTS ont récemment montré une attaque sur un troupeaux de bovins dans le Jura vaudois. Grand spécialiste du prédateur, le Jurassien d’origine Jean-Marc Landry avait résumé la situation ainsi : « On espère tous que les loups vont manger plus de sangliers ». Pour les agriculteurs, ce serait en tout cas deux problèmes réglés. /vja


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