Des milliers de femmes se sont réunies dans plusieurs villes suisses, en ce 14 juin. A Delémont, l'association interjurassienne Grève des femmes a proposé divers ateliers et prononcé des discours, signes que la lutte continue
Trois ans après la grève des femmes, les syndicats Unia et USS ont donné le coup d’envoi de la mobilisation féministe de ce 14 juin 2022, en début d’après-midi sur la place Fédérale à Berne. Avec un mot d’ordre : rejeter dans les urnes, le 25 septembre prochain, la réforme AVS 21 qui fait passer l’âge de la retraite des femmes de 64 à 65 ans.
En 2019, un demi-million de femmes étaient dans les rues, avec une longue liste de revendications. Aujourd'hui, 50'000 personnes se sont réunies en Suisse. Le rejet d'AVS 21 est l'un des principaux combats menés par les femmes, à l'image de la syndicaliste Martine Docourt :
« C’est une mobilisation, avec un rejet clair d’AVS 21 »
A Delémont aussi, l’association interjurassienne Grève des femmes a montré son engagement contre la réforme des retraites ce mardi après-midi, mais pas seulement. Parmi les ateliers proposés Place de la Gare, certains étaient politiques, et traitaient de l'égalité salariale, ou encore de la lutte contre les violences domestiques. Les membres de l'association ont aussi mis à disposition des livres jeunesses qui tendent vers plus d’égalité et d’inclusivité. La littérature est un moyen d'éducation à l'égalité. Ca se passe déjà dans les livres pour les tout petits, comme l'explique Céline Blaser, membre de l'association interjurassienne Grève des femmes.
Céline Blaser nous parle de « Dinette dans le tractopelle », un livre non-stéréotypé :
Céline Blaser conseille les livres des éditions Talents Hauts, et mentionne aussi l'album jeunesse « Tu peux » d'Elise Gravel, ou encore les BD « Les Culottées » de Pénélope Bagieu.
Certains manuels scolaires ont aussi été présentés par l'association interjurassienne Grève des femmes : plus modernes, ils mettent à l'honneur des inventrices injustement oubliées, ou consacrent plusieurs pages à la femmes politique française Olympe de Gouges. Pour Sylvana, jeune étudiante à la HEP et future enseignante, ces ouvrages sont des petites révolutions positives :
« Ces livres permettent de se construire de nouveaux modèles »
Ce rendez-vous Place de la Gare a aussi permis de parler d'anatomie féminine. Franziska Barthe Neuhaus, qui tient Afriska, une boutique menstruelle, organisait un atelier où les participants pouvaient colorier des vulves imprimées. Derrière l'aspect créatif, il y a un tabou à briser, selon elle :
« On ne doit pas être gêné par un organe de notre anatomie féminine »
Les femmes ont manifesté dans de nombreuses villes de Suisse. Elles étaient plus de 2000 en début de soirée à Berne, rassemblées sur la Place fédérale, avant un défilé prévu à travers la ville. Les manifestantes étaient environ 4000 à Genève et plusieurs milliers à Lausanne ou à Zurich. Une nouvelle grande grève est prévue le 14 juin 2023. /ats-cto








