Quand Boncourt était terre de passage

Le village frontalier a joué un rôle déterminant dans la vie de milliers de personnes durant ...
Quand Boncourt était terre de passage

Le village frontalier a joué un rôle déterminant dans la vie de milliers de personnes durant la Seconde Guerre mondiale. Le livre « 1942-1944, Boncourt, un dilemme suisse » raconte leur histoire et la bravoure de plusieurs familles boncourtoises

Le biographe français Philippe Turrel pose au Domaine de Mont-Renaud avec la frontière et Delle en toile de fond. Le biographe français Philippe Turrel pose au Domaine de Mont-Renaud avec la frontière et Delle en toile de fond.

Un devoir de mémoire pour inciter la jeunesse d’aujourd’hui à soutenir son prochain. C’est dans cet esprit qu’est né le livre 1942-1944 – Boncourt, un dilemme suisse. Ecrit par le biographe français Philippe Turrel, l’ouvrage sort de presse ce mois et est lancé ce vendredi au Domaine de Mont-Renaud à Boncourt. Il raconte l’histoire de quatre familles boncourtoises qui ont su se montrer courageuses et audacieuses durant la Seconde Guerre mondiale que l’auteur Philippe Turrel qualifient de « personnalités ordinaires qui tendaient la main à ceux qui en avaient besoin ».

Le village frontalier a été le théâtre de plusieurs faits historiques. A l’été 1942, Boncourt symbolise la porte du refoulement de ceux que la Suisse qualifie « d’indésirables », notamment les juifs. Deux ans plus tard, la même borne frontière devient la porte d’entrée de 13'500 enfants français réfugiés de guerre. Ils provenaient du Territoire de Belfort et venaient chercher l’asile en Suisse. Au cœur de ce dilemme, des Boncourtois se sont démenés pour permettre à des résistants de passer confidentiellement la frontière. Les familles Burrus, Jurot, Quain et Viellard ont allié humanité et illégalité pour accueillir des réfugiés au village.

Philippe Turrel : « L’attitude des Boncourtois est une œuvre de bienveillance »

Visée pédagogique

Cet ouvrage a été inspiré par la Fondation Novandi, fondée par Charles Burrus et désormais présidée par son fils Régis. L’organe vise à promouvoir le développement et l’épanouissement des jeunes. « Le livre est destiné en premier lieu à la jeunesse afin de l’inciter à exercer un esprit critique sur son environnement ainsi qu’à entreprendre des actions bénévoles et courageuses pour autrui », écrit Régis Burrus dans l’avant-propos de 1942-1944 – Boncourt, un dilemme suisse, désormais disponible dans les librairies de la région. Le livre est enrichi de dessins et quelques 200 photos ainsi que de vidéos accessibles via des QR Code, qui feront l’objet d’une exposition au Musée jurassien d’art et d’histoire l’an prochain.

Régis Burrus : « On souhaite transmettre des valeurs universelles »

Régis Burrus devant la Porte de France du Domaine de Mont-Renaud. C'est par elle que les réfugiés parvenaient à trouver secours auprès de la famille Burrus durant la Seconde Guerre mondiale. Régis Burrus devant la Porte de France du Domaine de Mont-Renaud. C'est par elle que les réfugiés parvenaient à trouver secours auprès de la famille Burrus durant la Seconde Guerre mondiale.

La cachette secrète dévoilée

La sortie de cet ouvrage est aussi l’occasion pour la famille Burrus d’ouvrir au public un lieu tenu secret : une cachette dans le Domaine de Mont-Renaud, anciennement Domaine de Guilé. « Ma grand-mère Marguerite Burrus présidait la Croix-Rouge jurassienne de l’époque », raconte Régis Burrus. « Elle s’est retrouvée face à des arrivées de soldats, de réfugiés, d’enfants. Selon les cas de figure, elle les protégeait dans une cachette le temps qu’ils puissent prendre un moyen de transport pour arriver à Berne ». /clo

Régis Burrus : « Elle les protégeaient avant qu’ils partent pour Berne »

L’entrée de la cachette, sur le Domaine de Mont-Renaud à Boncourt. L’entrée de la cachette, sur le Domaine de Mont-Renaud à Boncourt.

La cachette vue de l'intérieur. On décèle au fond l'image à gauche le passage qui était caché par des étagères et des vivres. La cachette vue de l'intérieur. On décèle au fond l'image à gauche le passage qui était caché par des étagères et des vivres.

Régis Burrus montre le verrou qui permettait de fermer et ouvrir la cachette aux réfugiés. Régis Burrus montre le verrou qui permettait de fermer et ouvrir la cachette aux réfugiés.


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus