La dernière Tuile vient de tomber

Après 52 ans et 604 numéros, le journal satirique La Tuile du truculent Pierre-André Marchand ...
La dernière Tuile vient de tomber

Après 52 ans et 604 numéros, le journal satirique La Tuile du truculent Pierre-André Marchand publie son tout dernier numéro avant de tirer sa révérence

La dernière Une du numéro 604 de La Tuile, du dessinateur Guznag. (Illustration : La Tuile, Guznag) La dernière Une du numéro 604 de La Tuile, du dessinateur Guznag. (Illustration : La Tuile, Guznag)

Après 52 ans à épingler les dirigeants et politiques de la région, La Tuile va tirer son dernier coup de semonce. Le journal satirique jurassien publie en cette fin de mois d’août son 604e et dernier numéro. « C’est bon t’as fini ton cirque ? Je peux éteindre ? », dit avec humour noir sous le coup de crayon du dessinateur Guznag la Une du dernier tirage. « Ce qui me touche beaucoup, c’est la réaction de mes bons potes (…) ils se sont presque mis à chialer quand je leur ai dit que c’était la dernière », raconte dans le Journal de 12h15 le fondateur et rédacteur du journal Pierre-André Marchand. Ce dernier n’a pas trouvé repreneur, mais assure qu’il s’il y a une plume acérée intéressée « je suis prêt à tout lui laisser ».

Entretien avec Pierre-André Marchand dans le Journal de 12h15 :

Pas la fin de la satire dans le Jura

La fin de La Tuile marque ainsi la fin d’une institution dans le paysage médiatique de la région, d’un journal au ton irrévérencieux et moqueur qui aura égratigné un paquet de personnalités jurassiennes et pro-bernoises. « J’ai toujours cette faculté d’être apprécié par une petite minorité et détesté par une grande majorité », confie Pierre-André Marchand. Elle marque également la retraite de ce personnage truculent et haut en couleur. Le citoyen de Soulce, 80 ans cette année, s’est illustré durant cette aventure par sa plume acérée et son verbe fleuri qu’il portait jusque devant les tribunaux au cours des nombreux procès qui ont visé la publication. « La Tuile, j’aurais pu l’appeler le Boomerang, parce qu’elle m’est revenue un paquet de fois dans la gueule ! », nous confiait-il d’ailleurs il y a deux ans lors du cinquantenaire de La Tuile.

Malgré la disparition du journal, Pierre-André Marchand, ne craint pas pour l’avenir de la satire dans le Jura : « Je ne me prends pas pour quelqu’un d’indispensable », affirme-t-il. /jpi-gtr


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