Les communistes veulent fonder un nouveau parti en Suisse, le Parti communiste révolutionnaire. Environ 200 d'entre eux étaient réunis samedi à la Maison du peuple à Bienne pour développer leurs idées et attirer de nouveaux membres
Le Parti communiste révolutionnaire (PCR) veut « peindre la Suisse en rouge ». Cette nouvelle formation a officiellement été lancée samedi à Bienne. Le courant marxiste « L'étincelle », à l’origine du parti, appelle dans un communiqué à lancer la plus grande campagne de recrutement communiste depuis plus de 100 ans.
Samedi pour marquer cette création, environ 200 participants ont convergé vers la Maison du peuple pour assister au premier événement du PCR. Des responsables se sont succédés à la tribune pour expliquer pourquoi, selon eux, il devient nécessaire pour la Suisse de se tourner vers le communisme en 2024. Les crises se succèdent et le capitalisme, au lieu de résoudre ces problèmes, les aggrave même, explique Kevin Wolf, membre de « L’étincelle » et aussi du futur PCR.
Reportage lors de la fondation du PCR
Ce qui différencie cette nouvelle formation des partis communistes traditionnels, c’est justement son côté révolutionnaire, détaille Kevin Wolf. Un côté révolutionnaire qui s’exprime par la volonté de rompre avec le stalinisme sur lequel beaucoup de partis marxistes se basent encore aujourd’hui, poursuit-il.
L'objectif est de passer à 500 membres d'ici au 10 mai prochain, date du Congrès fondateur qui se tiendra durant deux jours. Pour y arriver, les sympathisants communistes lanceront notamment un nouveau journal « Le communiste » dont ils espèrent vendre 5’000 exemplaires en trois mois, d'ici leur congrès fondateur. Ils espèrent aussi récolter 70'000 francs de dons dans ce laps de temps. Kevin Wolf explique que le mouvement se bat, à plus long terme, pour l’instauration d’une révolution socialiste et l’introduction d’une économie planifiée démocratique sous contrôle ouvrier : « Ce sera la tâche de la classe ouvrière d’exproprier, par exemple, les grands capitalistes et les banques, ce qui est complètement nécessaire pour financer tout cela », répond Kevin Wolf lorsqu’on lui demande comment le PCR compte arriver à ses fins dans un pays comme la Suisse.
« L'étincelle » avance qu'aujourd'hui, 35% de la population suisse est favorable à l'abolition du capitalisme. « Des milliers de militants révolutionnaires veulent devenir actifs. Mais il n'y a pas de parti révolutionnaire qui leur permette de sortir de l'isolement et de la passivité ».
Le Parti communiste suisse, créé en 1921, a existé jusqu'à son interdiction durant la Seconde Guerre mondiale. En 1944, il a adhéré au futur Parti suisse du travail, aussi appelé Parti ouvrier et populaire. Ce dernier a obtenu une force électorale de 0,7% au Conseil national aux dernières élections fédérales. Son dernier représentant à la Chambre du peuple, le Neuchâtelois Denis de la Reussille, a été évincé par l'UDC. /ATS-amo









