Les assises de l’agriculture jurassienne dans un contexte de mobilisation générale

L’assemblée générale d’AgriJura s’est tenue vendredi à Courfaivre en présence d’une centaine ...
Les assises de l’agriculture jurassienne dans un contexte de mobilisation générale

L’assemblée générale d’AgriJura s’est tenue vendredi à Courfaivre en présence d’une centaine de membres. La rémunération des agriculteurs s’est notamment invitée dans les débats, au lendemain d’une manifestation à Saignelégier

Une centaine d'agriculteurs étaient réunis vendredi à Courfaivre. Une centaine d'agriculteurs étaient réunis vendredi à Courfaivre.

Les agriculteurs de la région étaient réunis vendredi à Courfaivre. Une centaine de membres d’AgriJura se sont retrouvés pour la traditionnelle assemblée générale de l’organisation. Les revendications émises jeudi soir lors de la manifestation des agriculteurs à Saignelégier ont à nouveau résonné lors des différentes interventions. Une meilleure rémunération et moins de paperasse administrative ont notamment été réclamées. Le président d’AgriJura, Nicolas Pape, a déclaré que le salaire horaire d’un agriculteur suisse se situait bien en dessous du salaire minimum autorisé. « L’agriculture jurassienne est motivée. Elle se défend et a envie d’aller de l’avant, mais elle a aussi envie d’être rétribuée et de pouvoir vivre de son activité », a précisé à RFJ le responsable. Le ministre de l’économie a, de son côté, indiqué que le Gouvernement jurassien partageait plusieurs constats émis par la branche, notamment un manque significatif de reconnaissance. « L’agriculture est souvent jugée coupable de tous les maux », a reconnu Jacques Gerber à la tribune.

Nicolas Pape : « Un agriculteur est payé en grande moyenne suisse 17 francs de l’heure »

Un prix du lait toujours trop bas

Au niveau des structures, le Jura recensait 896 exploitations en 2023, soit une perte de onze entités. « Le taux de cessation d’activités est le plus faible de Suisse dans notre canton », a expliqué le directeur d’AgriJura, François Monin. En ce qui concerne les différents marchés, le Jura est surtout porté par la production animale et bovine. « Le prix du lait est relativement mal payé. Il y a eu quelques centimes d’augmentation ces dernières années, mais ils ont été directement engloutis par l’augmentation des prix de production. On réclame un prix plus haut », a indiqué à notre micro Nicolas Pape. L’Interprofession du lait doit d’ailleurs communiquer ce vendredi les nouveaux prix en la matière. Enfin, pour le marché de la viande, « ça va moyennement, mais un effort pourrait encore être fait quand on voit le prix des viandes à l’étalage et ce qu’on nous donne », a conclu le président de la chambre d’agriculture.


La biodiversité en question

L’assemblée générale a, par ailleurs, adopté une résolution sur la biodiversité. AgriJura appelle à refuser l’initiative qui sera soumise à la population cet automne et qui demande d’accorder davantage de surfaces à la biodiversité. Le texte de la chambre d’agriculture indique que les familles paysannes jurassiennes s’engagent notamment à augmenter la qualité plutôt que la quantité de ces zones écologiques.

Les membres ont également accepté l’achat de nouveaux locaux à Glovelier pour les bureaux d’AgriJura pour un montant de 1,1 million de francs. À la suite de la démission de Jean-Bernard Chavanne, ils ont enfin élu Céline Turberg de Beurnevésin pour lui succéder au sein du comité. /alr


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