Les prix du Diesel et des fertilisants s'affichent en hausse. Si le conflit au Moyen-Orient perdure, une pénurie de certains produits est à craindre. Eclairage des impacts sur l'agriculture jurassienne.
Les agriculteurs jurassiens sont touchés par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient. Les prix du Diesel et des engrais ont pris l’ascenseur ces derniers jours. Une grande part du commerce mondial de pétrole et des fertilisants transite en effet par le détroit d’Ormuz, bloqué par le conflit. « Ça pose des problèmes de prix, de l’ordre de 20 à 40 %, selon le type de produits », explique Stéphane Babey, à la tête de l’entreprise Terintran basée à Chevenez et qui importe des fertilisants pour les commercialiser dans le Jura, notamment. « Et à terme, ça posera peut-être des problèmes de disponibilités parce qu’on sait qu’un certain nombre de producteurs cessent leur production. Si le conflit devait perdurer, le printemps prochain pourrait être problématique », ajoute-t-il.
Entretien avec Stéphane Babey.
Dépendance et perspectives
Le conflit met en exergue une certaine dépendance de la Suisse envers l’étranger pour l’approvisionnement en fertilisants. « On est dépendant car il n’y a plus de producteurs depuis plusieurs années. Les grosses productions agricoles se font en Russie, au Moyen-Orient, etc. », explique Stéphane Babey. Et réduire les fertilisants ou se tourner vers d’autres cultures ? « On arrive gentiment à un plancher, il faut quand même pouvoir produire. Le monde agricole montre beaucoup de résilience et a une capacité pour s’adapter assez rapidement », estime l’Ajoulot. Pour AgriJura, la situation « fait peur mais reste hypothétique ». A long terme, la chambre craint une augmentation générale des coûts de production qui affichent déjà une tendance à la hausse. /mmi









