Les agriculteurs jurassiens se sont retrouvés à Lajoux pour leurs assises annuelles. L’assemblée générale d’AgriJura s’est déroulée vendredi matin dans un contexte compliqué pour le monde paysan. Une septantaine de membres avaient fait le déplacement ainsi qu’environ septante invités et élèves. Les inquiétudes liées aux prix du lait et du porc ont notamment occupé les débats. « Nous avons besoin d’aide et de soutien », a notamment déclaré le président d’AgriJura lors de son discours.
Nicolas Pape a appelé à des outils de régulation du marché. L’assemblée a d’ailleurs voté une résolution qui demande la mise en place d’un instrument flexible de gestion des quantités de lait. « L’idée est d’avoir un système qui puisse réduire la production en cas de surproduction qui pèse sur le prix. Le spectre des contingents peut faire peur à beaucoup de monde. Nous ne voulons pas ça, mais un système de régulation des quantités qui soit activable lorsqu’il y a une surproduction », a expliqué à notre micro le président de la chambre d’agriculture.
Nicolas Pape : « Le but n’est pas de limiter la production, mais de garantir un prix pour les litres de lait produits. »
Le conseiller aux États Charles Juillard a indiqué qu’une motion allant en ce sens avait été déposée à Berne. Le texte en question vise également à mieux gérer les importations. Un point sur lequel plusieurs membres ont insisté. Le ministre en charge de l’agriculture, Stéphane Theurillat, a, de son côté, indiqué que des pistes existent même si elles sont limitées. Il a notamment évoqué l’innovation dans la transformation laitière, la valorisation des produits certifiés et à haute valeur ajoutée ainsi que la diversification des productions.
Limiter les effets de l’interdiction d’estivage en France
Le ministre est aussi revenu sur l’interdiction fédérale de pacage et d’estivage des bovins en France. Il a indiqué que les exploitations concernées n’allaient pas être laissées seules face aux difficultés posées par cette décision. Des contacts ont été établis pour limiter autant que possible les impacts financiers et organisationnels, a-t-il souligné. Stéphane Theurillat a aussi annoncé que le Gouvernement allait combattre le projet du Conseil fédéral visant à réduire les moyens alloués à l’agriculture suisse.
Deux exploitations supplémentaires
En ce qui concerne les statistiques agricoles, le directeur d’AgriJura, François Monin, a relevé que le Jura comptait 886 exploitations à la fin de l’année, soit deux de plus qu’une année auparavant. Il s’agit d’un fait exceptionnel dans l’histoire de la branche qui s’explique notamment par un taux de cessation faible. Entre 2013 et 2025, le Jura a perdu 8% des exploitations agricoles, contre 15% au niveau suisse.
Notez que le président d’AgriJura, Nicolas Pape, a été réélu pour un troisième et dernier mandat de quatre ans. /alr









