La nuit du 4 au 5 mai 1794, un incendie a presque complètement détruit le cœur du village de l’époque. Mais de cet événement tragique est née la ville actuelle. Une commémoration est organisée ce samedi par les autorités, qui préparent également la refonte du parcours « Feu & Lieu »
La Chaux-de-Fonds aurait pu disparaître de la carte en 1794. Les autorités de la Métropole horlogère invitent la population, samedi, à une soirée de commémoration de l’incendie d’il y a 230 ans. Un brasier accidentel qui s’était déclaré à l’actuelle rue Fritz-Courvoisier, à l’époque appelée rue des Juifs. Cet incendie avait détruit quasi complètement l’ancien village, mais ce sont sur ses cendres que la ville actuelle a été bâtie. À l’époque, La Chaux-de-Fonds était un petit village situé autour de l’actuelle place de l’Hôtel-de-ville. Les maisons étaient majoritairement construites en bois et assez serrées entre-elles. La commune comptait presque 3'000 habitants en incluant les fermes qui se trouvaient tout autour, mais le cœur même du village était peuplé d’environ 200 personnes seulement, raconte Sylvie Pipoz. La déléguée à la valorisation du patrimoine pour la Ville de La Chaux-de-Fonds raconte l’incendie de la nuit du 4 au 5 mai 1794, un événement tragique, mais « qui ne fera pas de victime humaine », relève-t-elle. Sylvie Pipoz qui reconnaît que malgré cela, le bilan est lourd car beaucoup de familles se sont retrouvées sans foyer. « Il y a 52 maisons qui vont être détruites, plus de 170 familles à la rue, le temple et la maison de cure sont détruits aussi. Donc on a un village qui a quasiment disparu », explique Sylvie Pipoz.
« Le problème à l’époque, c’est qu’on a peu de moyens pour lutter contre l’incendie »
La Chaux-de-Fonds tel un phénix
La ville de La Chaux-de-Fonds s’est bâtie sur les cendres du village. « J’aime bien dire que La Chaux-de-Fonds aurait pu disparaître à ce moment-là, mais ce n’est pas le cas. Il y a un immense élan de solidarité qui va se mettre en place avec des soutiens des villes avoisinantes », raconte Sylvie Pipoz, qui n’hésite pas à comparer cette solidarité à celle vue l’été dernier lors de la tempête qui a frappé la Métropole horlogère.
« Il y a plusieurs éléments qui vont être mis en place pour lutter contre le feu »
La Ville est alors repensée de façon géométrique, dans un premier temps uniquement le centre. Puis dès 1830, « on se rend compte que le village a grandit et qu’il faut penser la suite du développement », explique Sylvie Pipoz. Arrive ensuite le « Plan Junod », qui a dessiné les nouvelles rues de La Chaux-de-Fonds en damier.
À l’heure actuelle, plusieurs bâtiments de l’époque existent encore, précise la déléguée à la valorisation du patrimoine. Et pour les découvrir, ou les redécouvrir, les autorités travaillent à la refonte du parcours « Feu & Lieu », mis en place en 1994. Ce chemin sera disponible en français, allemand, anglais et français facile et permettra de se rendre compte des limites de l’ancien village de La Chaux-de-Fonds.
« Il y a quelques maisons qui ont survécu à l’incendie »
À l’occasion de cette refonte, les plaques présentes sur 16 maisons qui ont échappé à l’incendie, seront également mises à jour. Le parcours « Feu & Lieu » sera inauguré le dimanche 30 juin à l’occasion de la Fête de l’urbanisme horloger.
Commémorer pour en apprendre plus sur sa ville
Malgré l’aspect tragique de cet événement, il est encore commémoré 230 ans plus tard. « C’est sur ce drame que s’est construite La Chaux-de-Fonds moderne et d’aujourd’hui », justifie Sylvie Pipoz.
« C’est l’idée de se souvenir plus que de commémorer »
Pour la déléguée à la valorisation du patrimoine pour la Ville de La Chaux-de-Fonds, « commémorer c’est aussi faire connaître et faire apprécier la ville dans laquelle on vit ». Et pour ce faire, la population est invitée samedi soir dès 20h15 sur la place de la Carmagnole pour un spectacle et un verre de l’amitié. /lgn








