Un champ de cinq hectares de panneaux solaires pourrait bientôt pousser à côté de l’aéroport des Eplatures, à La Chaux-de-Fonds, sur un terrain communal exploité par un agriculteur. Le conseiller général PLR Christophe Ummel veut un débat au législatif.
Installer un parc photovoltaïque de cinq hectares, au sol, sur un terrain communal exploité par un agriculteur à côté de l’aéroport des Eplatures : le projet n’a pas encore été rendu public, mais il serait bien avancé, financé notamment par l’énergéticien Viteos. Et le milieu agricole chaux-de-fonnier s’en inquiète. Le conseiller général PLR et agriculteur au Valanvron Christophe Ummel a déposé une interpellation au législatif de la Métropole horlogère. « Le groupe PLR est consterné et en colère », écrit Christophe Ummel. « Ce projet » est « une honte », lit-on en titre.
L’élu demande au Conseil communal « de s’expliquer ». Si le président de la société d’agriculteurs de La Chaux-de-Fonds n’y va pas avec le dos de la bêche, c’est qu’il a quelques arguments… D’abord, selon lui, même si le troupeau pourra continuer de paître sous les panneaux solaires, l’agriculteur concerné va perdre de l’argent. Privée des rayons du soleil, l’herbe poussera moins bien sous les panneaux, la fauche sera plus compliquée sur la parcelle et le fermier perdra aussi des paiements directs.
Les toits d'abord
Selon Christophe Ummel, ce projet est aussi la porte ouverte à « un mitage du territoire à grande échelle », « de l’urbanisation sans habitants et sans emploi ». Le libéral-radical estime que le potentiel que recèlent les toitures chaux-de-fonnières est prioritaire et que pour le reste, il faudrait commencer par des surfaces au sol non productives et sans intérêt agricole comme des bretelles routières et ferroviaires, des talus de chemin de fer, des rocailles ou des parkings. Sinon, « ce sera l'arrêt des projets sur des éléments construits, parce que ces grandes surfaces [agricoles] permettent l'installation de panneaux photovoltaïques à moindre coût ».
Christophe Ummel : « La priorité devrait être mise sur le bâti. »
Christophe Ummel ajoute que ce genre de politique conduit aussi à des importations de nourriture. Bref, c'est « un mauvais signal et une mauvaise direction ».
« En Suisse, le taux d'auto-approvisionnement en denrées alimentaires est largement insuffisant. »
L’agriculteur concerné, dont le reste du domaine se trouve aussi très largement sur sol communal, ne souhaite pas s’exprimer. Le projet de parc photovoltaïque s'étendrait au-delà de la parcelle susmentionnée, à l'est, sur un champ communal exploité par un autre agriculteur, qui est sur le point de partir à la retraite. Le voisin côté ouest aurait aussi été approché, mais ce propriétaire aurait refusé l'offre de la Ville. Le Conseil communal, lui, ne souhaite pas s'exprimer à ce stade, il réserve sa réponse au Conseil général.
Un autre grand projet, d'un privé cette fois ?
Quant à Christophe Ummel, il veut provoquer un débat politique sur l’agrivoltaïsme qui débarque. La Chambre d’agriculture et de viticulture (CNAV) a pris formellement position contre cette pratique qui, selon le directeur de la CNAV Yann Huguelit, « enlève des terres à l’agriculture ». Selon nos informations, un autre projet, d’une dizaine d’hectares, se prépare à La Chaux-de-Fonds chez un agriculteur privé. /vco









