La vente en libre-service à la ferme est-elle en danger ?

Les vols perpétrés dans les espaces de self-service menacent cette méthode de vente et poussent ...
La vente en libre-service à la ferme est-elle en danger ?

Les vols perpétrés dans les espaces de self-service menacent cette méthode de vente et poussent les agriculteurs à renforcer la surveillance des lieux.

La famille Meister au Noirmont s'est lancé dans la vente en libre-service en 2021 et a récemment constaté des vols de marchandise. La famille Meister au Noirmont s'est lancé dans la vente en libre-service en 2021 et a récemment constaté des vols de marchandise.

La vente en libre-service risque-t-elle de disparaitre des fermes jurassiennes ? De nombreuses exploitations proposent cette méthode qui a connu un véritable engouement durant la période du Covid. Le système repose sur la confiance puisque le producteur met librement ses produits à disposition des clients qui effectuent ensuite leurs achats en espèce ou par Twint. Mais le concept souffre de vols perpétrés dans les lieux de vente. La problématique préoccupe le monde agricole et touche tous les districts. « Vols, oublis, mauvaises manipulations du Twint… on a eu toutes les possibilités », témoigne Laurence Meister. L’agricultrice du Noirmont estime une perte de marchandise à hauteur de 200 francs constatée durant le week-end de Pâques. Elle a installé de nouvelles caméras et elle n’est pas la seule. À Courtedoux, Patrick Marchand a investi environ 2'000 francs ces cinq dernières années pour renforcer la sécurité de son cabanon. « On a deux caméras à l’intérieur de la cabane et une autre à l’extérieur (…) on a aussi un système de verrouillage de la porte durant la nuit », détaille l’Ajoulot qui a subi dans le passé des vols de produits et d’argent dans la caisse.

Les vols mettent la vente en libre-service sous pression :

Les agriculteurs, qui se muent gentiment en agents de sécurité, parviennent souvent à régler directement le problème avec le voleur, sans passer par la police. Et cela permet de mieux comprendre le fait que les forces de l’ordre jurassiennes ont traité deux cas l’an dernier, selon Sébastien Frund, l’adjoint du chef de la police judiciaire.

L'Ajoulot Patrick Marchand a installé plusieurs caméras et une porte à verrouillage automatique pour sécuriser son cabanon. L'Ajoulot Patrick Marchand a installé plusieurs caméras et une porte à verrouillage automatique pour sécuriser son cabanon.

De son côté, AgriJura a été sollicité quelques rares fois pour des questions d’ordre juridique. Si la problématique perdure ou s’intensifie, le directeur de la Chambre d’agriculture jurassienne redoute que la vente en libre-service disparaisse. « Les agriculteurs n’y trouvent pas une source de revenus très importante et des petits vols peuvent mettre en péril cette activité », alerte François Monin. Sur le terrain, la dizaine de producteurs contactée refuse pour l’instant d’abandonner cette méthode de vente. « Les gens nous font de super retours et c’est vraiment le seul moment où on a des contacts avec nos clients, donc la balance est toujours plus positive que négative », soutient la Franc-Montagnarde Laurence Meister. Le self-service se base sur la confiance. Une confiance ébranlée par les vols, mais une confiance qui résiste donc, grâce à la majorité des clients qui en font preuve et qui en sont dignes. /nmy


 

Actualités suivantes