Oiseaux et chauves-souris sur écoute à la Haute-Borne

Avant l'implantation d'éventuelles éoliennes, le site de la Haute-Borne au-dessus de Delémont ...
Oiseaux et chauves-souris sur écoute à la Haute-Borne

Avant l'implantation d'éventuelles éoliennes, le site de la Haute-Borne au-dessus de Delémont fait l'objet d'une étude d'impact par des ornithologues et spécialistes de la nature.

Emmanuel Contesse, ingénieur en gestion de la nature, au pied d'un mât de mesure posée en mai 2024. Emmanuel Contesse, ingénieur en gestion de la nature, au pied d'un mât de mesure posée en mai 2024.

Capteurs à ultrasons sur des mâts de mesures, enregistreurs planqués dans la forêt pour déceler les cris de rapaces. Oiseaux et chauves-souris sont, depuis quelques mois, sur écoute à la Haute-Borne. Pour leur bien. L’étude d’impact menée actuellement par des spécialistes en nature et ornithologues vise à préserver les espèces dans l’hypothèse de l’implantation d’un parc éolien sur les hauteurs de Delémont, projet porté par les Services industriels de Genève via son bureau Ennova.

Reportage

« Les espèces susceptibles d’entrer en collision avec des éoliennes sont surtout les oiseaux de grande taille, essentiellement les rapaces. Ici, il s’agit surtout du milan royal et de la buse variable. On les repère plus facilement en forêt avec leurs cris, c’est pour ça que j’ai posé des enregistreurs », explique Albert Bassin, ornithologue.


« Le risque zéro n’existe pas »

Une fois la présence d’une espèce établie, les spécialistes tentent d’évaluer les conséquences d’une potentielle éolienne sur sa population. « Et le risque zéro n’existe pas », lâche Emmanuel Contesse, ingénieur en gestion de la nature pour le bureau Natura, mandaté par Ennova pour l’étude d’impact. « C’est impossible d’installer une éolienne dans le Jura suisse sans risque pour le milan royal qui est partout. Mais on va vérifier qu’il n’y ait pas un couloir de passage régulier, ce qui ne semble pas être le cas pour le moment », explique Albert Bassin. Sinon on tente d’éviter le contact ou de le limiter. « On peut par exemple programmer un arrêt des éoliennes à certaines périodes pour préserver les espèces », avance Guillaume Favre de Thierrens, chef de projet pour le bureau Ennova.


Une éolienne en forêt : l’inconnue en Suisse

Les promoteurs envisagent par ailleurs la possibilité d’implanter une éolienne en forêt, ce qui serait une première en Suisse et nécessite une attention particulière. « On est alors obligé de défricher et de créer des lisières de forêts, ce qu’apprécient les chauves-souris. D’autres espèces peuvent nicher dans ces arbres, donc on étudie tout cela, mais actuellement il n’y a aucune alerte rouge sur une rareté qui aurait été recensée », souffle Emmanuel Contesse.

Les premières observations n'ont pas révélé « d'alertes rouges » selon Emmanuel Contesse

Toutes ces données seront compilées, étudiées à partir de cet automne pour évaluer les risques ou les facteurs de cohabitation possibles entre les éoliennes et ces espèces. Guillaume Favre de Thierrens assure que les promoteurs sont sensibles à ces questions. « Cette étude va nous permettre de cartographie les sensibilités et espèces sur le site. S’il y a des zones « no go » ou des mesures à respecter, on s’y conformera ». Sur une carte, on constate qu’une fois toutes les contraintes législatives, exigences cantonales et communales appliquées, la possible implantation d’éolienne se résume actuellement à cinq petites zones très limitées à la Haute-Borne, zones qui pourraient possiblement être encore réduites par ces études d’impact. Il est donc aujourd’hui encore trop tôt pour dire si des éoliennes verront le jour sur les hauteurs de Delémont. Et selon Guillaume Favre de Thierrens, un parc éolien opérationnel ne semble pas envisageable avant « 2033-2034 ». /jpi

Emmanuel Contesse explique comment l'impact sur le paysage est évalué


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