Une douzaine de personnes se sont rendues à Paris la semaine dernière pour apporter leur soutien à l’association. Un groupe de jeunes est présent en ce moment pour aider à la distribution de repas.
Un groupe de Jurassiens s’est rendu à Paris du 9 au 13 février pour prêter main-forte aux Restos du Cœur. Cette semaine, ce sont des jeunes qui sont sur place. C’est le Jura Pastoral qui mène cette action. Depuis 2001 pour les jeunes et depuis 2011 pour les adultes. Patricia Simonin faisait partie des volontaires. L’envie d’aider lui est venue alors qu’elle vient d’arriver à la retraite après une carrière d’infirmière. « C’est grâce au bouche-à-oreille et à mon amie et voisine que j’ai pu prendre part à cette aventure », explique-t-elle.
Durant plusieurs jours, l’habitante du Bémont a notamment été affectée à la livraison de colis repas et à la distribution de repas chauds aux bénéficiaires de l’association à Paris. « C’est très bien organisé. On était là pour seconder les bénévoles des Restos, explique-t-elle. On m’avait chargée d’aider les personnes qui avaient des difficultés avec leurs caddies, comme des personnes âgées ou à mobilité réduite. »
Une organisation bien huilée
L’association des Restos du Cœur sert 160 millions de repas par année en France, grâce notamment à une organisation rigoureuse, à laquelle Patricia Simonin a aussi dû faire face. « Un homme visiblement affamé est venu me demander une deuxième assiette. J’ai voulu aller lui en chercher une, mais on m’a fait comprendre que c’était impossible puisque des centaines de personnes attendaient aussi à manger. C’était dur de la lui refuser. Je n’ai pas pu m’en empêcher, je lui ai quand même trouvé un bout de pain et une soupe », avoue-t-elle. Ce jour-là, plus de 800 repas ont été servis dans la salle où Patricia Simonin a été affectée.
Patricia Simonin : « On savait pas trop dans quoi on allait. »
« On m’a souhaité bon courage, cela m’a chamboulée »
La Taignonne découvre la misère et la précarité dans cette ville de Paris pleine de contrastes où elle a grandi. « On servait des repas à des sans-abri alors qu’une limousine de luxe passait derrière nous », raconte Patricia Simonin. Contraste également dans les réactions de certains bénéficiaires. « Certains ne nous adressaient même pas un regard. Ils étaient là pour prendre leur colis ou leur repas et repartaient aussitôt. D’autres en revanche nous adressaient un mot ou des remerciements. Certains nous souhaitaient bon courage. Cela m’a chamboulée. » La Jurassienne a également pu constater le travail des bénévoles sur place qui tissent parfois des liens avec les bénéficiaires. « Mimi, une bénévole de longue date, demandait aux étudiants s’ils avaient bien réussi leurs partiels. Elle leur glissait parfois un kiwi supplémentaire pour leur donner des forces. »
« Cette expérience remet les pieds dans les sabots. »
« Les Restos n’ont pas besoin de nous »
Cette expérience, Patricia Simonin l’a vécue en compagnie de 11 autres Jurassiennes et Jurassiens. Alors que la majorité ne se connaissait quasiment pas, une solidarité s’est formée au sein du groupe petit à petit, aidant à faire face aux nombreuses émotions ressenties durant les journées. Un débriefing avait également lieu tous les soirs. « Quand on l’a vécu, on a compris à quel point c’était important. Il y a tellement de choses qui se passent. C’est arrivé que les larmes arrivent parfois, mais ça permettait de repartir le lendemain le cœur léger. »
Cette présence jurassienne aux Restos du Cœur reste exceptionnelle. « L’association n’a pas besoin de nous, admet Yannis Cuenot, responsable du groupe. Les Restos ont assez de bénévoles. Mais notre objectif est aussi de susciter des vocations chez les personnes qui participent et leur montrer qu'on a tous le pouvoir d’agir. » Et pour mettre à profit cette expérience parisienne, des retrouvailles sont prévues prochainement entre les participants en lien avec l’association « Au P’tit plus ». /tna









