Le Jura enregistre une baisse de 4% des infractions en 2025. Malgré ce recul, les infractions violentes, les vols par effraction et la cybercriminalité sont en hausse. Les cas de violence domestique sont stables par rapport à 2024, année ayant enregistré le chiffre le plus élevé jamais atteint.
La criminalité recule globalement dans le canton du Jura, mais certaines tendances inquiètent. La Police cantonale jurassienne fait état d’une baisse de 4% des infractions au Code pénal en 2025, tout en alertant sur la hausse des violences, des cambriolages ciblés et de la cybercriminalité.
Au total, 3'836 infractions ont été recensées l’an dernier, contre 3'978 en 2024. Le taux d’élucidation atteint 43,2%, supérieur à la moyenne nationale, selon le rapport annuel présenté lundi par la Police cantonale jurassienne.
Cambriolages ciblés et criminalité itinérante
Les vols diminuent globalement, mais les cambriolages de logements repartent à la hausse. Les maisons individuelles et villas sont particulièrement visées, avec 171 cas en 2025 contre 126 en 2024, les voleurs se concentrant surtout sur l'argent et les bijoux. La police évoque une criminalité itinérante et des délits en série, souvent commis en soirée durant l’hiver. « C’est notre combat numéro 1, on met le focus avec une forte présence policière en soirée et la nuit. La collaboration avec les douanes est très bonne, mais nous avons 120 points de passage carrossables avec la France », relève Damien Rérat.
Damien Rérat : « La difficulté ? Une multitude de points d'entrée sur le territoire. »
« On ne peut pas tous les surveiller, difficile d’être à la bonne place au bon moment. On a notamment eu en janvier un week-end avec 17 cambriolages », illustre le nouveau chef de la police judiciaire Sébastien Frund.
Violences en hausse malgré un recul global
Si les infractions diminuent, les violences progressent fortement (+25%). Les cas graves reculent, mais les violences dites moyennes augmentent nettement, avec 348 cas recensés en 2025 contre 260 une année plus tôt.
Les cas de violences domestiques restent stables, mais particulièrement élevés avec 293 cas. Un niveau jugé toujours préoccupant, puisqu’il s’agit du deuxième chiffre le plus élevé jamais enregistré. « Les chiffres sont hauts, mais aussi parce que les cas sont davantage dénoncés, ce qui est plutôt le côté salutaire de la situation. Le canton travaille à la mise en place d’un arsenal législatif pour mieux prévenir. Il ne suffira pas, soyons honnêtes, le levier principal doit être un changement des mentalités dans la société. Mais il faut être clair, c’est une vraie priorité de politique publique parce que l’on est sur des chiffres beaucoup trop haut », commente le ministre jurassien de la justice et police Valentin Zuber.
Valentin Zuber : « Le levier principal, c'est un changement des mentalités dans la société. »
Autre hausse marquante : les violences ou menaces contre les autorités bondissent de 190%, avec 29 cas, dont plus de la moitié visant des agents de Police cantonale. « Ce sont des chiffres inédits depuis l’entrée en souveraineté. Il y a les violences physiques, comme cet homme verbalisé pour usage du téléphone au volant qui se met à agresser les policiers en utilisant sa clé comme arme, et les menaces, typiquement un interpelé qui connaît le policier, lui décrit sa situation familiale en menaçant d’égorger les membres de sa famille », confie Damien Rérat, surpris par ces chiffres.
Damien Rérat : « Une perte générale de la peur de l'uniforme. »
Cybercriminalité en forte progression
La cybercriminalité connaît une nette augmentation, avec 401 cas recensés en 2025, soit une hausse de plus de 27%. Les montants des préjudices explosent également, atteignant près de 3,9 millions de francs. Une entreprise jurassienne a, par exemple, perdu un demi-million de francs sur une demande de rançon. Des particuliers ont été dupés à la « Romance Scam », pensant s’adresser à Elon Musk ou un membre du groupe de musique Rammstein, à l’instar de « l’affaire Brad Pitt » qui avait défrayé la chronique en France. Les taux d’identification restent faibles (8,2%), ce qui pousse les autorités à renforcer la prévention et la sensibilisation de la population face aux arnaques numériques. « Malheureusement les recherches finissent souvent en Russie, en Chine ou en Afrique, et l’enquête s’arrête là », glisse Damien Rérat. La police jurassienne a encore recruté dernièrement un spécialiste cyber pour se renforcer dans ce domaine. Au rang des satisfactions, on relèvera le recul de 18% des infractions à la loi sur les stupéfiants. La police jurassienne relève que le Jura, contrairement à d'autres cantons romands, n'héberge pas de « trafic de rue » permanent sur la voie publique. /comm-mlm-jpi
Le chef de la police judiciaire Sébastien Frund était en direct de notre Journal de 12h15 :










