L’espèce invasive progresse fortement dans le Jura et pousse l’Office de l’environnement à concentrer la lutte sur l’élimination des nids dits « primaires ». La population est appelée à collaborer pour signaler les nids et les faire éliminer.
L'État jurassien change de stratégie dans sa lutte contre le frelon asiatique. Cette espèce invasive particulièrement néfaste pour les insectes pollinisateurs progresse fortement dans notre région : 176 nids ont été détruits l'an dernier contre 36 seulement en 2024 ! Face à ce constat, le groupe de pilotage a décidé de mettre la priorité sur les nids dits "primaires". « C’est maintenant que ça se joue. Les reines fondatrices issues de la génération précédente vont confectionner des nids primaires qui se situent quasi toujours près des habitations. Ils sont petits, d’une balle de tennis à un ballon de football et sont très facilement éradicables. Donc c’est extrêmement important d’être vigilant à cette période de l’année pour éliminer un maximum de ces nids », explique Laurent Gogniat, responsable du Domaine Nature à l’Office de l’environnement.
Laurent Gogniat : « Extrêmement important d’être vigilant à cette période de l’année. »
Si on venait à rater le coche des nids primaires, la situation empire ensuite rapidement puisque « les individus issus des nids primaires font alors de nids secondaires, et là on parle de milliers d’individus dans des nids allant jusqu’à un mètre de diamètre qui vont générer des centaines de nouvelles reines fondatrices », prévient Laurent Gogniat. La population est appelée à la vigilance pour repérer et signaler ces nids primaires sur la plateforme dédiée. Lorsqu’un particulier identifie un nid sur sa propriété, il est invité à solliciter un spécialiste habilité à l’éliminer. « Les frais peuvent généralement être couverts par les assurances », avance le canton qui fournit sur son site une liste des prestataires aptes à éliminer des nids dans la région.
Le piégeage sur les ruches reste interdit
Les apiculteurs, en revanche, ne sont toujours pas autorisés à procéder au piégeage des frelons asiatiques sur les ruches qui sont leurs cibles privilégiées. « Le problème, c’est que les piégeages ne sont pas sélectifs et peuvent aussi piéger des espèces favorables à nos écosystèmes, voire des espèces protégées. On interdit clairement les pièges par noyade qui tuent directement l’ensemble des individus piégés. On déconseille les pièges par capture vivante, s’ils sont utilisés on demande un contrôle régulier pour libérer les autres espèces que le frelon asiatique », précise Laurent Gogniat. /jpi









