Dans le livre « Mon parcours de juge », la juge retraitée installée à Delémont depuis une dizaine d’années revient sur la naissance de cette vocation et les difficultés et victoires qui ont jalonné sa carrière. Entretien.
Une enfance qui marque, une vocation pour le droit et une riche carrière de juge en France, notamment de juge des enfants… C’est ce parcours que Marianne Charreyre partage dans un livre, « Mon parcours de juge », sorti en février dernier. Désormais juge retraitée et installée à Delémont depuis près de 10 ans, elle était ce jeudi l’invitée de « La Matinale ». L’enfance de Marianne Charreyre a largement contribué à la mener vers cette carrière de juge : « Les valeurs que m’ont transmises mes parents, très attachés aux notions de bien public et lien social. Et j’avais un père assez autoritaire. Devenir juge était une façon pour moi de me réaffirmer », explique-t-elle.
Dans sa pratique de juge des enfants, très marquante émotionnellement, elle se remémore notamment une affaire, au dénouement heureux : « Une petite fille que j’ai rencontrée quand elle avait 10 ans et qui avait une maman atteinte du syndrome de diogène, dans lequel les gens n’arrivent pas à jeter les choses et sont entourés de détritus. J’ai dû malheureusement la placer, et quand je l’ai revue un an plus tard, j’ai appris qu’elle avait gagné un 2e prix de poésie. Ça vaut tout l’investissement qu’on peut faire dans cette profession », se réjouit Marianne Charreyre.
Dans son livre, Marianne Charreyre dénonce l’aspect précaire de la justice française et notamment la surcharge de travail et les conditions matérielles insuffisantes : « Quand j’étais juge des enfants, rien que pour l’aspect enfance en danger, je suivais plus de 450 familles », explique notamment la magistrate. /mmi









