Un programme en or pour la 13e édition du CIP-Solidaire

La journée du CIP-Solidaire réunit plusieurs associations caritatives régionales le 31 mai ...
Un programme en or pour la 13e édition du CIP-Solidaire

La journée du CIP-Solidaire réunit plusieurs associations caritatives régionales le 31 mai à Tramelan. Des personnes issues de la migration proposent plusieurs activités et un repas de midi aux saveurs internationales.

Des personnes issues de la migration préparent des spécialités de leur pays d’origine pour le repas du midi du dimanche. Des personnes issues de la migration préparent des spécialités de leur pays d’origine pour le repas du midi du dimanche.

Favoriser les échanges et la solidarité à travers une journée mêlant associations, témoignages, gastronomie et musique. Cette ambition, c’est celle de la 13e édition du CIP-Solidaire se tenant le 31 mai au Centre interrégional de perfectionnement à Tramelan. Onze associations régionales engagées dans la coopération internationale y présenteront leurs actions dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’agriculture durable ou encore de la formation professionnelle. Pour se faire connaître du public, elles participeront à un « speed-dating » interactif.

L’événement fera la part belle aux personnes issues de la migration. Les habitants du centre d’accueil de Tramelan et d’autres communautés étrangères prépareront un repas interculturel composé de spécialités de leur pays d’origine, pensé comme un moment de partage et de convivialité.


Un lien étroit entre or et migration

Une table ronde sera également organisée le mercredi 27 mai. Elle traitera de la thématique de l’or et de la responsabilité de la Suisse dans son extraction. Le responsable du secteur industries extractives à Swissaid Marc Ummel, des Reussilles, sera parmi les intervenants. D’après lui, aborder ce sujet prend tout son sens dans le cadre de ce CIP-solidaire, car migration et or vont souvent de pair.


Marc Ummel : « La guerre en Ukraine se finance en partie par la commercialisation de l’or russe. »

Le dimanche 31 mai à midi à Tramelan, le repas sera notamment préparé par des Ukrainiens. « La guerre dans leur pays est financée en partie par la commercialisation de l’or russe », explique Marc Ummel. Les sanctions internationales n’empêchent pas Moscou d’exporter cette matière première à Dubaï. « Même si nous ne savons pas précisément où elle se dirige ensuite, nous savons que la Suisse est l’une des premières destinations de l’or des Emirats arabes unis », ajoute-t-il.

Présentes aussi au CIP-Solidaire, certaines associations sont actives au Burkina Faso, à Madagascar, en République démocratique du Congo notamment. Dans ces pays, l’or joue un rôle prépondérant. Autour des mines artisanales, des groupes armés financent son extraction et la commercialisent. Des conflits éclatent aussi autour de cette matière première, ce qui encourage de nombreuses personnes à quitter leur pays.


La Suisse, une plaque tournante mondiale

Notre pays occupe un rôle non négligeable dans le secteur : la Suisse est considérée comme la principale plaque tournante de l’or mondiale, explique Marc Ummel. Pas moins de 50% de l’or transite par la Suisse. Cette position s’explique notamment par le rôle historique du secteur financier, des grandes banques et des raffineries, mais aussi par l’importance de l’industrie horlogère et la proximité avec les centres italiens de joaillerie.

Pour Marc Ummel, la neutralité suisse et l’opacité entourant l’origine de l’or ont également favorisé l’essor du secteur, notamment durant l’époque de l’apartheid en Afrique du Sud. Et le label « swiss made » reste très courtisé grâce à la réputation de qualité des raffineries helvétiques.


Une responsabilité partagée

Marc Ummel explique qu’il reste aujourd’hui difficile de connaître la situation des travailleurs dans l’extraction. « Notre pays ne contrôle pas suffisamment l’origine de l’or et les conditions dans lesquelles il est produit ». Pour lui, cette situation contribue indirectement au financement de conflits armés, ainsi qu’à des violations des droits humains. Elle prive aussi certains pays du Sud de ressources fiscales essentielles pour financer l’éducation ou la santé. /ehe


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