Alors que le loup est de retour dans l’Arc jurassien, six sections régionales du parti Les Verts souhaitent une collaboration intercantonale pour protéger les troupeaux. Un accent est mis sur l’élevage, la formation et la mise à disposition de chiens de protection.
Le loup ignore les frontières administratives. C’est pourquoi les Verts des cantons de Neuchâtel, Vaud, Genève, Berne, Bâle campagne et du Jura s’unissent pour la protection des troupeaux. Réunis en conférence de presse sur le parvis de la Collégiale de Neuchâtel lundi matin, les six sections cantonales du parti ont présenté une démarche politique commune. Différentes interventions parlementaires seront déposées dans les cantons de l’Arc jurassien d’ici à septembre. Leur but : construire une stratégie coordonnée de protection des troupeaux.
Parmi les mesures figurent la création d’un programme intercantonal d’élevage, de formation et de mise à disposition de chiens de protection. Cette solution, qui a déjà fait ses preuves à l’étranger, est mise en avant par le parti, car c’est un « moyen reconnu de réduire les attaques ». Selon Sonia Burri-Schmassmann, députée verte au Parlement jurassien, cela répond aussi à une « demande des éleveurs ». Elle ajoute qu’il y a une « insuffisance de chiens à disposition, même si on va les chercher à l’étranger, en France ou en Allemagne ».
Sonia Burri-Schmassmann : « Il faut maintenant arrêter de dire qu’il y a les pro-loups et les anti-loups. »
Environ 300 chiens seraient aujourd’hui reconnus pour travailler en Suisse. Une évaluation par l’association AGRIDEA, mandatée par l’Office fédéral de l’environnement, est nécessaire avant de pouvoir les laisser protéger des troupeaux.
Une réponse cantonale adaptée aux réalités jurassiennes
En outre, la protection des troupeaux a principalement été pensée pour les Alpes et les élevages ovins. Cependant l’Arc jurassien a une réalité tout autre : la majorité des élevages subissant des attaques de loups sont bovins, et les pâturages sont proches des habitations ainsi que des chemins de randonnée. Une adaptation au terrain et aux spécificités jurassiennes est donc nécessaire. La Confédération s’est aussi retirée du programme national d'élevage et a diminué sa participation financière aux mesures de protection.
Afin d’être adaptée et efficace, la réponse doit alors être cantonale. C’est pourquoi des « plans loups » sont actuellement développés dans différents cantons. Neuchâtel vient de se doter du sien à la suite d’une motion de Clarence Chollet, conseillère nationale verte alors députée au Grand Conseil neuchâtelois, en octobre 2023. Le texte s’inspire du modèle vaudois en vigueur depuis plusieurs années. Or, le développement de plusieurs filières cantonales dédiées aux chiens de protection ne ferait pas de sens selon les Verts. Clarence Chollet explique que « ce qui serait intéressant maintenant, c’est d’avoir un plan loup de l’Arc jurassien ».
Clarence Chollet : « Les meutes ne connaissent pas les frontières cantonales. »
Avec cette démarche, les Verts de l’Arc jurassien précisent encore dans leur communiqué vouloir « ouvrir un chantier plus large visant à adapter progressivement l'élevage à la présence durable des grands prédateurs ». Pour cela, les collaborations devront aller au-delà des chiens de protection. Le chemin vers la cohabitation entre le loup et les troupeaux dans la région ne fait que commencer. /ewa









