Après les velléités affichées par le Groupe Bélier contre la Fête cantonale jurassienne de lutte, des craintes ont émergé au Parlement sur la sécurité autour du prochain Marché-Concours. Le ministre Valentin Zuber s’est montré sans ambigüité sur l’ouverture dont le Jura devait faire preuve.
Les attaques du Groupe Bélier sur la Fête cantonale jurassienne de lutte, accusée de participer à une « germanisation » du Jura, ont fait naître d’autres craintes. Le député Frédéric Juillerat (UDC) s’est inquiété lors des questions orales devant le Parlement jurassien de la sécurité autour du prochain Marché-Concours dont le Canton de Berne est l’invité d’honneur. L’élu agrarien a demandé au Gouvernement s’il cautionnait la position du Groupe Bélier et s’il pouvait garantir une sécurité optimale début août à Saignelégier. Le ministre Valentin Zuber a répondu en reprenant des propos de son discours sans ambigüité prononcé le 23 juin dernier, justement devant les membres du mouvement autonomiste.
Valentin Zuber : « Il en va de notre faculté à être digne. »
« Le Jura de 2026 n’est plus celui d’hier et doit aujourd’hui affirmer une qualité essentielle pour son avenir, son ouverture. Ouverture aux autres cantons, à la Suisse dans toute sa diversité, au monde qui nous entoure. L’ouverture n’efface pas notre identité, mais la renforce. Elle nous permet de dialoguer, de coopérer, de construire des ponts là où il y avait autrefois des divisions », a exposé le ministre.
Un dispositif de sécurité « exceptionnel »
Il a présenté le prochain Marché-Concours comme un « symbole d’un canton capable d’accueillir avec sérénité et respect celles et ceux qui furent un jour des adversaires politiques ». L’exécutif a affirmé qu’il travaillait d’arrache-pied à un dispositif de sécurité exceptionnel « parce que les enjeux le sont ». « Le Gouvernement a à cœur que tout se passe bien au Marché-Concours. Il en va de l’avenir de la manifestation, de la crédibilité et de l’image du canton, même de notre faculté à être digne. On peut être en désaccord, mais le Jura ne s’abaissera jamais à déshonorer ses invités », a encore solennellement affirmé Valentin Zuber. Le député Frédéric Juillerat s’est dit « satisfait » de cette réponse.
Le Jura exhorte au développement de la coopération interjurassienne
Dans la même lignée, une interpellation de Pierre-André Comte (PS) a exhorté la classe politique jurassienne, notamment le Gouvernement, à définir une « stratégie claire, ambitieuse et durable » de coopération interjurassienne avec le Canton de Berne. Ces derniers mois, la suppression du poste de délégué interjurassien à la jeunesse à l’initiative du Conseil du Jura bernois, l’abandon du soutien aux institutions culturelles interjurassiennes par le CJB ou encore la fin de collaboration entre des corps de sapeurs-pompiers des deux cantons ont révélé « une logique de repli ». « Le Gouvernement observe cela avec préoccupation et peine à le comprendre », a déclaré sa présidente Rosalie Beuret Siess. Si cet « affaiblissement est perçu comme un signal négatif, le Jura rappelle son attachement aux collaborations avec le Canton de Berne et souhaite favoriser le rapprochement plutôt que l’entraver. Il poursuivra son dialogue constructif avec le Conseil-exécutif avec qui les relations sont bonnes, et est favorable à mener des discussions avec le CJB », a abondé la ministre. /jpi








