Puffs, snus, e-cigarettes… un charme trompeur qui séduit la jeunesse

L’attrait pour les produits nicotinés ne faiblit pas chez les moins de 25 ans. Au contraire ...
Puffs, snus, e-cigarettes… un charme trompeur qui séduit la jeunesse

L’attrait pour les produits nicotinés ne faiblit pas chez les moins de 25 ans. Au contraire, il se diversifie et apparait à un âge de plus en plus jeune.

Parmi les jeunes Suisses de 15 à 17 ans, 15% consommaient mensuellement des produits nicotinés ou avec du tabac et 7% quotidiennement selon une étude menée en 2023. (Photo d'illustration.) Parmi les jeunes Suisses de 15 à 17 ans, 15% consommaient mensuellement des produits nicotinés ou avec du tabac et 7% quotidiennement selon une étude menée en 2023. (Photo d'illustration.)

Selon une enquête réalisée en 2023 par l’Office fédéral de la santé, 16% des 18-24 ans consommaient au moins un produit nicotiné par jour. Ces dernières années, une diversification des produits a été observée, surtout chez les jeunes. Une tendance remarquée également par la fondation Cipret Jura en charge, entre autres, de la prévention face aux addictions. Face à ce constat, plusieurs cantons romands ont décidé d’agir et de mener une campagne conjointe de prévention sur les deux réseaux sociaux prisés par les jeunes : Tik-Tok et Snapchat. En plus des vidéos de sensibilisation, la campagne intégrait un test d’auto-évaluation de dépendance à la nicotine. Les résultats de cette enquête ont été dévoilés ce jeudi et montrent notamment une grande variété dans le type de produit consommé.

Carine Lehmann, responsable du Cipret Jura, se rend depuis plus de 10 ans dans les écoles de secondaires I et II. Selon elle, « les jeunes vont commencer avec les puffs parce que ça a bon goût, on ne se rend pas compte de la quantité de nicotine qu’il y a dedans ». Le problème c’est que ça ne s’arrête pas là : « Petit à petit, les jeunes vont consommer d’autres produits comme les snus (produit de tabac placé sous la lèvre), les sachets de nicotine puis les cigarettes », continue Carine Lehmann.

Carine Lehmann : « Le problème, c’est aussi la facilité d'accès à ces produits. »

Carine Lehmann, responsable du Cipret Jura, parcoure les établissements scolaires du Jura depuis une dizaine d’années pour sensibiliser la jeunesse aux dangers de la nicotine. (Photo : fondationo2.) Carine Lehmann, responsable du Cipret Jura, parcoure les établissements scolaires du Jura depuis une dizaine d’années pour sensibiliser la jeunesse aux dangers de la nicotine. (Photo : fondationo2.)

La particularité de ce phénomène, c’est la diversification des produits achetés par les jeunes. Des articles arrivés sur le marché récemment et qui demeurent encore mal cernés du large public ou légalement peu, voire pas, encadrés. Carine Lehmann a l’impression « qu’on est en train de créer une génération de poly consommateurs dépendants à la nicotine, ce qui sera un gros problème dans les années futures ».

L’autre aspect problématique de cette tendance, c’est qu’elle se manifeste chez un public précoce, comme le constate Carine Lehmann : « Il y a un effet de groupe important, on est jeunes, on se cherche, on veut faire comme tout le monde. Tout est fait pour ce que ces produits leur plaisent, ils sont peu chers et avec des arômes qui donnent envie ».

Dans la même enquête citée plus haut, il est indiqué que chez les 15-17 ans en Suisse en 2023, 15% consommaient mensuellement des produits nicotinés ou avec du tabac et 7% quotidiennement. /nje


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