Du scepticisme après la réponse du Gouvernement sur Denis Vipret

Interrogé sur les consultations dans le Jura de Denis Vipret, magnétiseur accusé d’agressions ...
Du scepticisme après la réponse du Gouvernement sur Denis Vipret

Interrogé sur les consultations dans le Jura de Denis Vipret, magnétiseur accusé d’agressions sexuelles, l’exécutif jurassien répond ne pas disposer des moyens légaux pour l’interdire d’exercer. Députés et collectif féministe se disent frustrés de la situation actuelle.

La liberté d'exercer de Denis Vipret fait réagir dans le Jura. (Photo : Flickr/Artotem.) La liberté d'exercer de Denis Vipret fait réagir dans le Jura. (Photo : Flickr/Artotem.)

Il n’y a actuellement aucun moyen d’interdire Denis Vipret d’exercer dans le Jura. Voilà en résumé la réponse du Gouvernement jurassien à la question écrite de la députée Marion Stadelmann (PS) qui s’étonnait de voir le magnétiseur fribourgeois donner librement des consultations à Porrentruy alors qu’il fait l’objet de deux instructions pénales pour agressions sexuelles. La réponse de l’exécutif a été accueillie par un scepticisme certain. Par Marion Stadelmann d’abord, auteure de la question écrite, qui estime que la réponse de l’exécutif entretient « beaucoup de flou, je n’en suis pas du tout satisfaite ».


Une motion attend toujours sa réalisation, quatre ans après son vote

Par Patrick Cerf également, dépositaire de la motion « pour une régulation des médecines alternatives » acceptée il y a quatre ans, mais qui n’a toujours pas accouché de la révision de la loi sanitaire qu’elle était censée engendrer. Le Gouvernement explique que les travaux sont en cours, que la révision « prévoit de soumettre les détenteurs du diplôme fédéral en naturopathie ou thérapeute complémentaire à autorisation », et qu’elle « définira des conditions d’exercice pour l’ensemble des thérapeutes en médecines complémentaires ». Est-ce qu’un tel dispositif permettra ou aurait permis d’interdire à Denis Vipret, sans diplômes fédéraux reconnus, d’exercer sur le sol jurassien ? Trop tôt pour le dire selon l’exécutif qui ne veut pas s’avancer en l’état actuel des procédures en cours.


Le Collectif Féministe Jura met la pression sur « Ô Vergers d’Ajoie » qui accueille Denis Vipret

On s’impatiente aussi du côté du Collectif Féministe Jura qui a envoyé ces derniers mois deux courriers aux Vergers d’Ajoie qui accueillent les consultations de Denis Vipret à Porrentruy. Le collectif a demandé au propriétaire « d’arrêter de collaborer » avec le magnétiseur fribourgeois et « de ne plus l’autoriser à venir », confie sa secrétaire Stéphanie Chappuis qui ajoute que ces courriels sont restés « sans réponse ». Contacté, le propriétaire des Vergers d’Ajoie, Alain Perret, confirme avoir reçu ces mails « non signés, alors que c’est la moindre des choses, donc je n’y ai pas répondu », ajoutant ensuite que les missives ne comportaient que la mention « mouvement féministe ».


Présomption d’innocence et évènement privé

« Je ne peux pas me baser sur des suspicions, il est présumé innocent et c’est à la justice d’en décider », réagit Alain Perret pour clarifier sa position sur cette affaire. Le Collectif Féministe Jura a aussi interpelé la municipalité de Porrentruy qui a répondu qu’elle ne pouvait légalement pas interdire un évènement privé dans des locaux privés. Concrètement, le « magnétiseur guérisseur » ainsi qu’il se présente peut donc continuer d’exercer librement et était d’ailleurs présent ce mardi à Porrentruy pour des consultations. Le Gouvernement, lui, n’est pas en mesure de dire, 4 ans après la motion, « compte tenu de la complexité du dossier, des priorités actuelles et des ressources disponibles », quand la révision de la loi sanitaire sera présentée. /jpi


 

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